Mise à jour
ALLONZENFANTS DE LA PATRIIIE - La Marseillaise serait porteuse d'une "hérésie scientifique", d'un "appel à la xénophobie" et même d'un "appel à la violence sanguinaire" selon la sénatrice verte Marie-Christine Blandin qui "rêve" d'une "phrase alternative".
La présidente de la commission de la Culture et de l'Éducation au Sénat prend la parole ce vendredi 24 mai lors de l'examen de la loi Peillon sur la réforme de l'école.
Comme l'a noté Public Sénat, la sénatrice du Nord n'apprécie pas un passage de la Marseillaise :
Qu'un sang impur abreuve nos sillons ?
Il faut quand même que nous réflechissions au fait que cette phrase véhicule vraiment des messages d'un autre âge. Et hors du contexte révolutionnaire, c'est quand même une hérésie scientifique ce "sang impur qui véhicule des choses", c'est un appel à la xénophobie - qu'est ce que c'est qu'un sang impur - et c'est un appel à la violence sanguinaire et de récents évènements qui ont couvert tous les écrans des médias vous montrent bien que le sujet est quand même d'actualité.
"Je rêve du jour où il nous sera proposé une phrase alternativeà ce petit morceau qui me semble vraiment porteur d'un doute affreux" poursuit Marie-Christine Blandin avant de s'interroger "devons nous véhiculer cette phrase, la faire répéter par les enfants ? Avons nous cette ambition ?"
Une intervention applaudie qui n'était pas accompagnée d'un dépôt d'amendement "car le chantier dépasse bien cet hémicycle" et que la sénatrice se réjouit que la loi permette aux "enseignants de remettre cette phrase dans son contexte et que [le sang impur dans la Marseillaise] ne soit pas pris au premier degré" par les petits Français qui doivent l'apprendre.
Un vieux débat. Avant cette sénatrice, en 2009, l'ancienne ministre Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, souhaitait déjà une modification des paroles de l'hymne national.
Le regard de Nathalie Kosciusko-Morizet est noir, tout comme les nuages qui l'entourent. La newsletter du Collectif Famille Mariage ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il s'agit d'appeler à voter contre NKM à la primaire UMP.
Le message est clair: il faut éliminer NKM :
La favorite des médias, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’inquiète fort : alors que les médias aux ordres la créditent toujours d’un score soviétique, il semblerait, d’après des sources internes à l’UMP, que la moitié environ des inscrits à la primaire viennent des sites internet les plus engagés contre la loi Taubira [...], notamment le site de la « Manif pour tous », le Salon beige et Nouvelles de France.
Les seules statistiques pourtant dressées par l'UMP sont celles de la fréquentation du siteprimairesparis.fr. Et si l'on se fie aux connexions, les sites anti-mariage gay ne représentent pas 50% des connexions. Sur ces statistiques, que Le Lab a pu consulter,Le Salon beige, la Manif pour tous et Nouvelles de France représentent environ un tiers des liens entrants.
Le message se poursuit en appelant au vote en faveur de Jean-François Legaret à la primaire, le maire du 1er arrondissement de Paris, ou Franck Margain, candidat du Parti Chrétien démocrate. Et pour faciliter la tâche de ses membres, le collectif recopie directement le lien redirigeant vers le site de la primaire parisienne.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir :
Le signataire de cet appel n'est autre que Grégoire Boucher, président du collectif. C'est lui qui s'était fait désavouer par Christine Boutin herself(il faut le faire) après avoir rédigé son discours comparant les forces de l'ordre lors d'une manif pour tous aux escadrons de la mort: "trop fort", avait jugé la présidente du Parti Chrétien démocrate.
Des premiers doutes, distillés jeudi 23 mai. Puis une conférence de presse, convoquée pour faire monter le suspense, ce vendredi 24 mai.
Tout ça pour annoncer que "en l'état actuel des choses", elle ne se rendra pas à la manifestation de dimanche contre le mariage homo.
Frigide Barjot, porte-parole de La Manif pour tous, a assuré, ce vendredi, que "sans garantie de ne pas être empêchée de parler" lors de la manifestation de dimanche, elle n'y prendra pas part. "Sauf à avoir les assurances de parler librement sans provoquer de heurts"
On vous propose cette citation:
Je suis Frigide Barjot, c'est comme ça, je ne l'ai pas voulu, j'ai été choisie.
MOINS UN- Chenva Tieu, l'un des candidats à la primaire UMP parisienne, a été déclaré inéligible pour une durée de un an à compter du 24 mai 2013, par le Conseil constitutionnel. Cette hypothèse était évoquée depuis plusieurs jourset devrait conduire au retrait du candidat de la course à la primaire.
"Je ne crains pas l'inéligibilité, je suis confiant car j'ai eu l'avis juridique de trois avocats spécialisés qui ont convergé", expliquait pourtant Chenva Tieu au JDD.fr, le 21 mai.
Avant de participer à la "Manif pour tous" dimanche 26 mai, Hervé Mariton se pose, ce 24 mai, des questions existentielles. Doit-il porter son écharpe avec le rouge près du col ou avec le bleu ?
Au micro d'Europe 1, Hervé Mariton explicite son dilemme:
Il y a une question qui peut se poser. C'est de savoirr si je mets mon écharpe avec le rouge près du col ou avec le bleu. Avec le rouge, c'est le député, avec le bleu c'est le maire. Certains se sont dit, mais au fond comme la loi est votée, c'est peut-être le maire qui défile et plus le député.
Autrement dit, Hervé Mariton se demande si c'est le maire ou le député qui doit s'opposer à une loi validée par le Conseil Constitutionnel et promulguée par le président de la République.
La procédure du port de l'écharpe est très codifiée. Elle a été modifiée par le décret n°2000-1250 du 18 décembre 2000, signé par le ministre de l'intérieur de l'époque Daniel Vaillant.
Lisez bien le décret, c'est pointu:
L'écharpe tricolore peut se porter soit en ceinture, soit de l'épaule droite au côté gauche. Lorsqu'elle est portée en ceinture, l'ordre des couleurs fait figurer le bleu en haut. Lorsqu'elle est portée en écharpe, l'ordre des couleurs fait figurer le bleu près du col, par différenciation avec les parlementaires.
Hervé Mariton avait été l'un des orateurs les plus remarqués à l'Assemblée pour s'opposer au mariage et à l'adoption des couples de même sexe. Il a estimé le 22 mai que la manifestation du 26 mai marquait la "conclusion d'un cycle", même s'il prévoit "une manifestation chaque année de défense de la famille," jusqu'en 2017.
GRAND ECART – C’est un transfuge qui va alimenter les discours assimilant Front national et Front de gauche. Anna Rosso-Roig, qui était candidate du Front de gauche lors des dernières élections législatives, sera candidate aux municipales à Marseille sous les couleurs du Rassemblement Bleu marine, révèle Marsactu.
Celle qui avait obtenu 7% au premier tour des législatives avait ensuite appelé à voter pour le candidat PS-EELV, Pierre Semeriva. Pourtant, Anna Rosso-Roig sera deuxième d’une liste FN "dans un secteur municipal encore indéterminé".

Ce revirement radical, la future candidate FN le justifie en assurant qu’elle n’a pas agi "par opportunisme" :
Je n'ai pas agi par opportunisme. Je suis préoccupée par la montée de l'islam en tant que catholique pratiquante. Le Front de gauche ne défend pas nos valeurs traditionnelles et notamment religieuses.
A Marsactu, l’ex-Front de gauche explique avoir hésité à rejoindre le Parti chrétien démocrate de Christine Boutin. Mais ajoute y avoir renoncé car "trop rétrograde".
Ce transfert révèle-t-il l’existence d’une porosité idéologique entre les deux Fronts ? Ou est-ce un transfuge ponctuel ?
BONS POINTS – Réguler les salaires des patrons ? Le gouvernement y renonce. C’est l’annonce faite ce vendredi 24 mai dans les Echos par le ministre de l’Economie Pierre Moscovici. En revanche, le patron de Bercy relance la taxe à 75% sous une nouvelle mouture.
Interrogé sur le salaire des patrons, ce 24 mai sur RTL, Christian Jacob fait aussitôt le lien avec les 75%, taxe à laquelle lui et l’UMP sont farouchement opposés.
Quand on a fait une ânerie, on arrête. L’ânerie c’est la taxe à 75% qui n’a aucun sens. Aujourd’hui ils ne savent plus comment rétropédaler. Qu’ils le disent clairement.
Arrêté dans son élan par Jean-Michel Aphatie qui lui explique que taxe à 75% et régulation des rémunérations patronales ne sont pas liées, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale change de ton. Et, fait assez rare pour le patron de l'opposition parlementaire, livre un bon point au gouvernement :
C’est bien qu’il renonce à limiter le salaire des patrons et que ça se fasse dans un cadre du conseil d’administration. Ça me convient plutôt mieux parce que, de fait, ça se fera naturellement. Et là on peut éviter une réglementation, ce n’est pas plus mal.

(Reuters)
BONUS TRACK : LE POINT METEO
Il fait froid. Les températures basses pour un 24 mai interpellent. Après la météo qui a précédé son interview sur RTL, Christian Jacob est interrogé sur le sujet. "Vous avez déjà vu ça ?" lui est-il demandé es-qualité d’ancien agriculteur.
Agriculteur-éleveur de profession, qui a débuté sa carrière dans le syndicalisme agricole, le patron des députés UMP livre alors son analyse météo :
Ce n’est pas bon pour l’agriculture parce que trop d’eau, trop de froid. Ca démarre mal au printemps. On aura des récoltes en retard.
V2 – Après la censure par le Conseil constitutionnel de la première taxe à 75% adoptée par le Parlement, Pierre Moscovici détaille, ce vendredi 24 mai dans les Echos, le retour de cette taxe polémique. Et annonce que le gouvernement renonce à sa loi de gouvernance des entreprises.
Alors qu’il est interrogé sur l’avancée du projet de loi sur "la gouvernance des entreprises qui doit permettre d’éviter les rémunérations excessives", le ministre de l’Economie qui, par ailleurs prône une "unité à Bercy", explique qu’il a "décidé de concentrer l’action législative sur la contribution à 75%".
Et de préciser que ce projet sera en débat dans la loi de finances 2014 :
Après plusieurs mois de concertation, j’ai décidé de concentrer l’action législative sur la contribution de 75% sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros, qui sera acquittée par l’employeur. Elle sera soumise au Parlement dans le cadre du budget 2014, et aura une durée limitée à deux ans.
Et de préciser, un peu plus loin, en forme de menace :
Nous préférons miser sur une "autorégulation exigeante". Mais attention : si les décisions annoncées ne sont pas à la hauteur, nous nous réservons la possibilité de légiférer.
Rien ne va plus entre le chef de l’Etat et l’aile gauche du PS. En vantant la politique menée par Gerhard Schröder, lors des 150 ans du SPD, François Hollande a profondément irrité l’aile gauche de son parti.
"Bras d’honneur", "ex-camarade"... Les mots ne sont pas tendres envers le président "socialiste" de la République. Ainsi, le "finaliste" de l’élection pour la tête du PS, Emmanuel Maurel, leader de cette aile gauche de la rue de Solférino, s’emporte, ce vendredi 24 mai, dans le Figaro, rappelant les fondamentaux développés par le candidat Hollande lors de son fameux discours du Bourget.
En faisant l’éloge des réformes allemandes, François Hollande fait un bras d’honneur à de nombreux socialistes.
De mémoire, son discours du Bourget n’était pas une apologie du schröderisme. Il parlait alors d’un socialisme fidèle à ses valeurs. Là, on y est plus.
Franc-tireur de cette aile gauche pour qui le gouvernement n’est pas social-démocrate mais social-libéral, Marie-Noëlle Lienemann est consternée, dit-elle, par la sortie présidentielle en Allemagne :
J’ai bien vu les déclarations de l’ex-camarade Hollande. C’est consternant.
Sur Twitter, une autre figure de l’aile gauche du PS, Gérard Filoche, a également exprimé son désarroi face à la promotion faite par François Hollande de la politique de l’ex-chancelier allemand.
Celui qui s’était fait remarquer récemment pour son coup de gueule contre Jérôme Cahuzac a ainsi écrit sur le réseau social :
Moscovici : "Les salaires des patrons ne seront pas limités" et le président approuve le pire de Schröder, ça fait beaucoup tout ça...
— Gerard Filoche (@gerardfiloche) 24 mai 2013
Schroder a gouverné avec Merkel et conduit avec elle l'Europe à la catastrophe ounous sommes en creusant d'abord les inégalités en Allemagne
— Gerard Filoche (@gerardfiloche) 24 mai 2013
Il souffle le chaud et le froid, laisse entendre depuis plusieurs semaines qu’il ne serait pas candidat à nouveau pour la présidence de l’UMP après l’épisode fratricide contre Jean-François Copé fin 2012, et parle ouvertement de 2017. Mais François Fillon réserve aussi des surprises.
Ainsi l’ancien Premier ministre a-t-il déclaré, jeudi 23 mai, sur LCI, qu'il serait candidat à une nouvelle élection à la présidence de l'UMP en septembre si les militants se prononçaient pour une telle élection, tout en doutant qu'ils le veuillent effectivement.
La question d'une nouvelle élection à la présidence de l'UMP en septembre devra être soumise aux militants.
Si les militants décident qu'il y a une élection, bien sûr que je serai candidat.
"Bien sûr" qu’il sera candidat donc, puisqu’une nouvelle élection avec leur participation était l’un des points de l’accord que le député de Paris a signé avec Jean-François Copé. Un Jean-François Copé, actuel président de l’UMP, qu’il retrouvera lundi pour aborder le sujet.
Car François Fillon reste prudent. Et pencherait plutôt pour qu’un nouveau scrutin n’ait pas lieu. Même s’il ne le dit pas aussi clairement :
La question est de savoir si, dans un contexte économique et social aussi difficile, où les Français pensent au chômage, à leur pouvoir d'achat qui a baissé, aux difficultés d'une société française qui donne le sentiment d'être en déclin, le principal parti d'opposition doit consacrer toute son énergie à une élection interne ?
"En posant la question, dit-il, j’apporte un début de réponse." Et un signal fort aux militants en faveur d’un report ou d’une annulation du futur scrutin interne à l’UMP.
POINT AGENDA - Valérie Trierweiler sera le 30 mai à Genève, en tant qu'ambassadrice de la fondation France-Libertés, pour une intervention au siège des Nations-Unies sur les viols et les massacres qui se déroulent à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), au Kivu .
Après une participation au Grand Journal de Canal Plus, fin mars, pour sensibiliser le grand public à la trisomie 21 et une "visite humanitaire" au Nord du Mali, mi-mai, celle qui accepte désormais qu'on la désigne comme "la Première Dame" a rendez-vous en Suisse pour une autre cause.
Selon les informations du Lab, l'ambassadrice de la Fondation Danielle-Mitterrand-France-Libertés sera jeudi 30 mai au Palais des Nations, à Genève, au siège européen de l'ONU, pour participer aux débats sur les violences sexuelles en RDC.
Une intervention à l'occasion de la 23ème Session du Conseil des Droits de l'Homme, co-organisée par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme(FIDH), en présence de la mission permanente de la France auprès des Nations-Unies à Genève.
Le témoignage d'un médecin - envoyé par la fondation France-Libertés - rentrant du Nord-Kivu, un débat et la projection d'un film sur la situation sont également prévus.
Fin décembre 2012, la compagne du président de la République signait une tribune sur ce thème. Ce texte, intitulé "Au Kivu, on viole et on massacre dans le silence", était co-signé par Jacques Chirac, Robert Badinter, Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie, Abdou Diouf, ancien président du Sénégal ou encore Muhammad Ali, le boxeur légendaire.
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