Et pendant ce temps-là, Jean-Marie Le Pen annonce sa candidature aux régionales en PACA

Publié à 16h22, le 11 janvier 2015 , Modifié à 18h57, le 11 janvier 2015

Et pendant ce temps-là, Jean-Marie Le Pen annonce sa candidature aux régionales en PACA
Marine Le Pen et son père, Jean-Marie Le Pen © BERTRAND LANGLOIS / AFP
Image Ghislain de Violet


De l’art de la fausse note. En cinquante ans de vie politique, Jean-Marie Le Pen est passé maître en la matière. Alors que la France entière communie ce dimanche 9 janvier dans la mémoire des victimes de l’attentat de Charlie Hebdo, de Montrouge et de Vincennes, le président d’honneur du FN se déclare officiellement candidat aux régionales de décembre 2015 en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Une simple déclaration, glissée lors d’une conférence de presse à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône :

J’ai pour ma part accepté selon le vœu unanime de nos élus d’être candidat en tête de liste et d’accepter de prendre cette responsabilité.

Tout sauf une surprise de la part du patriarche frontiste, 86 ans, qui se définissait déjà en novembre 2014 comme "la meilleure locomotive" pour ce scrutin régional.

Depuis mercredi et le début des attaques contre le pays, Jean-Marie Le Pen joue une partition qui lui est chère : celle du "seul contre tous". Il l’a encore prouvé vendredi 9 janvier dans son journal de bord hebdomadaire, en refusant de reprendre à son compte le mot d’ordre apolitique "Je suis Charlie", lancé en hommage aux journalistes assassinés de Charlie Hebdo.

Dans cette même conférence de presse, il en rajoute une couche en qualifiant de "charlots" les responsables politiques qui ont, très nombreux, participé à la marche républicaine :

Tous ces gens marchent avec la pancarte "Je suis Charlie", alors qu'en fait ce sont des "charlots" qui sont responsables de la décadence de la France.

"Le Menhir" voit dans ce drame national une confirmation des thèses frontistes sur l’état de la société française. Et donc une opportunité de recruter de nouveaux électeurs. Vendredi 9 janvier, alors que les forces de police resserrent l’étau autour des terroristes de Charlie Hebdo et du preneur d’otages de la porte de Vincennes, Jean-Marie Le Pen publie sur Twitter une photo de sa fille Marine accompagnée de ce message : Keep calm and Vote Le Pen.

La fille du fondateur du FN, d’ailleurs, fait aussi bande à part ce dimanche. Comme son compagnon Louis Aliot (à Perpignan) et l’ensemble de la formation d’extrême-droite, qui a dénoncé ce qu'elle considère comme une mise à l’écart de la préparation de la manifestation parisienne de la part des autres partis.

Lors d’un rassemblement à la mémoire des "victimes du terrorisme islamiste" à Beaucaire, commune frontiste du Gard, Marine Le Pen a dénoncé l’unanimisme politique dans la capitale, selon l’AFP :

C’est une grande machine à laver, ça a permis à beaucoup de ne pas rendre des comptes sur (leurs) actions.

Sous les acclamations d’un millier de personnes environ, l’eurodéputée a appelé à "ouvrir le débat à partir de demain", sur la politique étrangère de la France et sur les moyens de lutter "contre le fléau du terrorisme islamiste". Le temps du deuil aura été de courte durée.

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