Interdire le voile à la fac: Pascale Boistard isolée au sein du gouvernement

Publié à 10h55, le 05 mars 2015 , Modifié à 11h03, le 05 mars 2015

Interdire le voile à la fac: Pascale Boistard isolée au sein du gouvernement
Pascale Boistard dans le Talk Le Figaro le 2 mars 2015. © image Le Figaro

La sortie de Pascale Boistard sur le voile à l'université ne lui vaut pas le soutien des autres membres du gouvernement. Le 2 mars, la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes a pris position pour l'interdiction du voile à la fac, arguant qu'elle "n'était pas sûre que le voile fasse partie de l'enseignement supérieur". Un sujet faisant débat à droite comme à gauche. Au sein du gouvernement, les voix qui s'élèvent jusqu'à présent ne penchent pas franchement pour la ligne Boistard.

 

Invitée de BFMTV ce 5 mars au matin, la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a demandé à ce qu'on "n'ouvre pas de front" sur cette question :

 

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Je ne veux pas rentrer dans ce débat car à l’université on a estimé que c’étaient des adultes et qu’ils étaient responsables d’eux-mêmes. (...)



N’ouvrons pas de front. En revanche, ce que je souhaite c’est qu’on puisse expliquer à des femmes voilées qu’elles pourraient vivre différemment. Mais ça c’est un autre sujet. L’école avec des enfants mineurs ce n’est pas l’université avec des étudiants majeurs, y compris parfois plus âgés quand ils reviennent à l’université.

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La veille, lors d'une conférence de presse devant les journalistes de l'association de la presse parlementaire, Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, avait eu le même raisonnement :

 

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Les gens sont majeurs, ils savent ce qu'ils ont à faire.

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Selon lui, la position de Pascale Boistard relève de la "déclaration personnelle" et "il n'y a pas cette mesure sur l'agenda gouvernemental".

Sur RMC le 3 mars, la secrétaire d'Etat à la Famille Laurence Rossignol a également indiqué que la fac devait être "le lieu de l'ouverture sur le monde."

Le sujet avait déjà été soulevé en août 2013 après la publication de douze propositions du Haut conseil à l'intégration parmi lesquelles la fameuse interdiction du voile dans l'enseignement supérieur. Manuel Valls ministre de l'Intérieur avait alors indiqué que ces idées étaient "dignes d'intérêt" mais le sujet n'avait pas été mis à l'agenda politique.

Depuis avril 2011, le port du voile intégral est interdit dans l'espace public. Le voile simple à l'école est quant à lui banni depuis 2004 dans le cadre de l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Aucune loi n'évoque donc la question de ce même voile à l'université.

L'UMP Eric Ciotti a déposé une proposition de loi en ce sens le 18 février. Elle vise a "étendre le principe de laïcité aux établissements publics d'enseignement supérieur". Le sujet divise également à droite puisque François Fillon a appelé à faire preuve de "prudence" sur cette question et à ne "pas s'emballer dans un nouveau combat". L'ancien Premier ministre veut savoir s'il existe un véritable "mouvement d'entrisme des fondamentalistes". Si tel n'est pas le cas, "on ne va pas empêcher les adultes d'adopter une tenue vestimentaire qui va avec leurs convictions religieuses, tant que ça ne menace pas l'ordre public", a-t-il déclaré sur BFMTV le 4 mars.

Sur RTL le même jour, Nathalie Kosciusko-Morizet avait estimé pour sa part que le port du voile pouvait "exercer une forme de pression" sur d'autres élèves et que l'interdire pourrait également être "un signal en faveur de l'égalité homme-femme".

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