Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dénonce "l'outrance" de la campagne de Robert Ménard à Béziers vantant l'armement de la police municipale

Publié à 07h10, le 12 février 2015 , Modifié à 09h30, le 12 février 2015

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dénonce "l'outrance" de la campagne de Robert Ménard à Béziers vantant l'armement de la police municipale
Bernard Cazeneuve. © ERIC FEFERBERG / AFP

Ce n’est pas une question de fond, une bonne partie des élus ne sont pas farouchement opposés à l’armement de la police municipale. C’est une question de forme. De gauche à droite, la campagne de communication de la mairie de Béziers, dirigée par Robert Ménard, proche du Front national, et vantant l'armement de la police municipale, a choqué.

Au point de faire réagir également le ministère de l’Intérieur. Dans un communiqué, le ministre, Bernard Cazeneuve, dit "regretter la tonalité délibérément provocatrice de la campagne initiée par le maire de Béziers". "Dans la République, les symboles que l’on choisit ont un sens", poursuit le texte de la Place Beauvau.

Et d’ajouter :

L’outrance de cette campagne ne peut qu’aboutir à de graves contresens. Réduire l’action des forces de l’ordre à leur arme, c’est en premier lieu méconnaitre la conception qu’elles se font de leurs missions.

Ensuite, l’esprit du 11 janvier, que veut filer François Hollande, est invoqué :

C’est aussi se tromper lourdement sur le sens du message de gratitude et de respect que les Français ont adressé aux policiers lorsqu’ils sont sortis dans la rue le 11 janvier.

Enfin, en réponse directe à l’affiche biterroise qui explique que le pistolet semi-automatique est l’ami du policier municipal, le communiqué du ministère de l’Intérieur affirme que "les meilleurs amis des policiers municipaux et nationaux ne sont pas leurs armes (…) mais les citoyens respectueux des valeurs républicaines".

[Edit 9h30]

Le ministre de l'Intérieur a également réagi sur France Info, jeudi 12 février. Et selon Brenard Cazeneuve, "Robert Ménard n'a pas compris ce qu'est l'éthique de la responsabilité" :

Je dis à Robert Ménard qu'il n' pas compris ce qu'est, dans un contexte comme celui que traverse notre pays, l'éthique de la responsabilité, et ce qu'est aussi la République pour une grande partie des Français et des policiers nationaux et municipaux. [...] Entre considérer qu'il est nécessaire de protéger les policiers face à un risque et faire des armes leur meilleur ami avec tout ce que cela véhicule de provocation, d'incompréhension de ce que sont les valeurs de la République, c'est irresponsable dans le contexte.



Et le rôle de tous ceux qui ont une responsabilité publique, qu'ils soient maires, qu'ils soient ministres, qu'ils soient parlementaires, c'est de comprendre qu'aujourd'hui on a besoin davantage d'éthique de la responsabilité que de provocations irresponsables.

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