Le trésorier de l'UMP écrit à la Commission des comptes de campagne à propos des déplacements de Manuel Valls

Publié à 18h08, le 18 mars 2015 , Modifié à 09h44, le 19 mars 2015

Le trésorier de l'UMP écrit à la Commission des comptes de campagne à propos des déplacements de Manuel Valls
Daniel Fasquelle © AFP

Il n'y a pas que le FN qui accuse Manuel Valls de faire campagne aux frais de l'État – ou de "la princesse" pour reprendre les mots de Marion Maréchal-Le Pen le 10 mars à l'Assemblée. Mardi 17 mars, lors de la séance de questions au gouvernement, le député UMP du Nord Sébastien Huyghe a lui aussi attaqué le Premier ministre sur ce terrain-là.

Et il n'est pas le seul, à l'UMP, à vouloir coincer ainsi Manuel Valls. Selon les informations d'Europe 1, Daniel Fasquelle doit ainsi envoyer ce mercredi 18 mars, en fin d'après-midi, une lettre au président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements publics. Le nouveau trésorier de l'UMP, plutôt du genre pingre concernant son parti, ne vise pas les meetings donnés par Manuel Valls mais surtout les à-côtés de ces déplacements.

Il écrit : 

 

Que celui-ci déserte son poste, au point de manquer la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale est déjà, en soi, inadmissible. [...] Mais ce qui est encore plus choquant, ce sont les déplacements organisés avec les moyens de l'Etat à des fins strictement électorales.

Et il avance pour preuve "l'organisation, au dernier moment, ce  mercredi matin d'une séance de signature du contrat de plan État-Region à Lille en présence de la presse, mais aussi, en présence du Préfet et ce en pleine période de réserve".

Le trésorier de l'UMP dit :

Il y a là, manifestement, un manquement aux règles en vigueur sur les campagnes électorales et leur financement.

 

Le trésorier de l'UMP est bien au fait des usages en la matière : les attaques lancées contre Manuel Valls par le FN et une partie de l'UMP ne sont pas sans rappeler celles portées lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Certains avaient alors reproché au président de mener campagne pour sa réélection en utilisant les moyens de l'État. Le 27 février dernier, le vice-président du FN Louis Aliot avait même parlé d'une "jurisprudence Sarkozy" pour attaquer Manuel Valls.

Et Daniel Fasquelle de demander au président de la commission des comptes de campagne de rappeler à Manuel Valls "qu'il se doit, dans ses actes autant que dans ses discours, de respecter la République et ses règles".

Il ajoute :

[Je vous demande] de réintégrer dans les comptes de campagne des candidats qui bénéficieront de ces avantages les sommes correspondantes.

 

Fin février, le Huffington Post, citant le Parti socialiste et Matignon, avait démontré que les accusations du FN lancées contre le Premier ministre étaient inexactes. "Dans le cadre d'un déplacement électoral, c'est au parti politique, en l’occurrence le Parti socialiste, de financer l'intégralité du transport du premier ministre ou des ministres", avait précisé Matignon. Seule la sécurité de Manuel Valls reste à la charge de l'État. Ce que Jean-Marie Le Guen a répondu à Sébastien Huyghe mardi 17 mars.

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