Pour Philippe de Villiers, "le citoyen est un consommateur qui choisit un Président comme on choisit une lessive"

Publié à 15h24, le 08 août 2014 , Modifié à 17h50, le 08 août 2014

Pour Philippe de Villiers, "le citoyen est un consommateur qui choisit un Président comme on choisit une lessive"
En 2014 © Franck Dubray (Maxppp)

OH FINI, FINI POUR MOI - Dégoûté, débecté, écœuré. Philippe de Villiers a quitté la politique et ne s'en porte que mieux. L'ancien président du MPF, qui voguait entre l'UMP et le FN, a traversé de rudes épreuves ces dernières années: un fils qui accuse son frère de viol (l'affaire est close depuis mars dernier), un autre "fils" (spirituel celui-ci) se présentant contre lui en Vendée,  et une grave maladie ont eu raison de sa volonté de combattre dans l'arène politique. 

C'est donc dans celle du Puy du Fou, le célèbre parc vendéen, que Philippe de Villiers passe désormais l'essentiel de son temps. L'ancien candidat à la présidentielle a accordé un long entretien au Figaro Magazine. Et à l'écouter, la politique, ne lui manque pas, mais alors pas du tout. Dégoûté, on vous dit :



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La politique, c'est un combat de coq sur un tas de fumier. Les notions de France et de service public se sont dissoutes.



Le citoyen est un consommateur qui choisit un Président comme on choisit une lessive. De toute façon, le vrai pouvoir est à Bruxelles ou à Washington, pas à Paris. Nous sommes vraiment devenu la 'cinquante et unième étoile du drapeau américain'.

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Dégoûté, donc, mais pas au point de ne plus lire les journaux. Comme il l'explique au Figaro Magazine, il suit de près l'actualité et l'affaire du mur des cons ne lui a pas échappé, alors qu'il s'emporte sur le traitement médiatique de "l'affaire des fils de Villiers" :



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J'accuse certains juges d'avoir fait durer le plaisir pour mieux me nuire. N'oubliez pas que je figurais sur le mur des cons du syndicat de la magistrature ! J'accuse les médias de m'avoir cloué au pilori et traîné dans la boue toute ma famille, parce que je représente une France qu'ils exècrent.

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Preuve qu'il ne faut jamais tout à fait perdre espoir, il y a bien eu, ces derniers mois, un événement qui a mis du baume au cœur à Philippe de Villiers: la mobilisation contre le mariage gay. Et l'ancien candidat à la présidentielle de retrouver tout son lyrisme :



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Pendant toute ma vie politique, j'ai attendu un mouvement populaire de droite qui vienne du tréfonds de nos valeurs. [...]



Et là, tout à coup, un million de Français face au mariage gay, le coeur de la province et la jeunesse chrétienne: c'était magnifique. [...]



Nous avons ici une génération antisystème, qui a compris qu'elle se faisait berner par les médias et qui ne craint pas d'affirmer sa vérité. Ce sont des résistants et des réfractaires, les lucioles des Temps modernes.

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L'ancien président du Conseil général de Vendée trouve d'autres raisons de se réjouir. A l'étranger, et en Russie plus particulièrement :



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On assiste à une formidable inversion historique: jusqu'à la chute du Mur, nous avions le monde libre contre les Soviétiques et l'Internationale communiste; désormais, on a le monde libre -défendu par Poutine contre les Américains et l'Internationale globaliste. 



Que reproche-t-on à Poutine ? De ne pas vouloir des Femen et de l'Otan ? Comme on le comprend !

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Interrogé sur un éventuel retour, Philippe de Villiers n'a pas l'air très enthousiaste. Mais, et c'est bien la preuve que l'homme est resté un animal politique, il précise qu'il ne "s'interdit rien". 

Du rab sur le Lab

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