Quand Michel Sapin trolle les patrons en vacances au mois de mai

Publié à 11h13, le 30 avril 2015 , Modifié à 11h39, le 30 avril 2015

Quand Michel Sapin trolle les patrons en vacances au mois de mai
Michel Sapin © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Invité d’Europe 1 ce jeudi 30 avril, Michel Sapin souhaite aux chefs d’entreprise de bons congés… à sa manière. Alors que le Medef remet sur le tapis le débat sur la réduction du nombre de jours fériés, nombreux au mois de mai, le ministre des Finances se gausse de ces patrons qui profitent de ce qu’ils dénoncent par ailleurs. Il déclare :

 

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Ce que je trouve dommage, c’est que parfois, je cherche des patrons en ce moment et je ne les trouve pas. Et on me dit : oh, ils sont juste en vacances ! Donc eux aussi ils pourraient commencer par travailler.

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Pas sûr que l’argument convainque le Medef, dont la modification du calendrier des jours fériés est un vieux cheval de bataille. Dans Le Parisien (article payant) ce jeudi, le vice-président de l’organisation patronale assure que supprimer deux jours de congés apporterait un point de PIB en plus à l'économie française et permettrait la création de 100 000 emplois.

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Le mois de mai, ce n’est pas seulement la période des ponts et des pauses. C’est aussi celle des lettres de cadrage envoyées aux ministères, invariablement priés de se serrer la ceinture dans la perspective de la préparation du prochain budget. Le but du jeu, alors, pour chaque membre du gouvernement : tenter de préserver ses crédits en négociant directement avec Matignon, au détriment de Bercy.

Sauf que cette année, Michel Sapin entend bien ne pas se laisser court-circuiter par ses collègues. Et d'indiquer, alors que Jean-Pierre Elkabbach lui demande de confirmer que Manuel Valls "ne recevra aucun ministre pleurnicheur ou mécontent" :

 

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Je pense que le Premier ministre n’a pas envie d’avoir à traiter de combien on met d’argent sur tel point, combien on met d’argent sur tel autre. C’est le rôle du ministre des Finances et du Budget.

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Les ministères sont prévenus : il y a 2,8 milliards d’euros d’effort supplémentaire à faire pour le budget 2016 et certains (comme le logement et la santé), n’y échapperont pas. Seuls la justice, l’intérieur, l’éducation, la culture et la défense seront préservés.

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