Sébastien Pietrasanta demande le renvoi de la maire-adjointe UMP d'Asnières, qui a retweeté Marine Le Pen

Publié à 11h38, le 20 novembre 2014 , Modifié à 13h53, le 20 novembre 2014

Sébastien Pietrasanta demande le renvoi de la maire-adjointe UMP d'Asnières, qui a retweeté Marine Le Pen
Sébastien Pietrasanta © MAXPPP/Christophe Petit Tesson

RT PROHIBÉ - En tant que maire-adjointe UMP, diffuser sur Twitter un message de Marine Le Pen hostile au mariage pour tous constitue-t-il une faute assez grave pour être limogée ? C'est ce que pense Sébastien Pietrasanta, ancien maire PS d'Asnières-sur-Seine, défait en mars dernier. Sur Twitter jeudi 20 novembre, l'ancien édile a publiquement demandé le "retrait des délégations" de Caroline Carmantrand.

Cette dernière, adjointe au maire chargée de la famille et de la petite enfance, a retweeté mercredi cette phrase de la présidente du Front national, diffusée par son compte officiel : "Le mariage est l'union d'un homme et d'une femme pour stabiliser la filiation".



Sébastien Pietrasanta, également député des Hauts-de-Seine, demande "des explications" et le renvoi de l'adjointe :

En règle générale, un retweet ne veut pas dire approbation. Dans le cas de Caroline Carmantrand, le doute est cependant bien mince, même si elle n'ajoute aucune précision à la déclaration de Marine Le Pen. Opposante au mariage homosexuel, elle est également "cofondatrice des Mères veilleuses, un mouvement anti-loi Taubira", expliquait L'Humanité en avril dernier. L'hebdomadaire ajoutait, évoquant également la conseillère municipale déléguée à l’éducation et aux relations avec les parents d’élèves, Hortense Callens :

Toutes les deux se sont fait connaître au sein d’un groupuscule qui entonnait des chants religieux en plein conseil municipal pour protester contre le mariage pour tous.

Sur son compte Twitter, elle diffuse beaucoup de messages anti-GPA. Elle retweete également les élus opposés au mariage pour tous, comme Hervé Mariton ou Jean-Frédéric Poisson, mais aussi le compte officiel de La Manif Pour Tous. Elle partage encore des tweets de Sens Commun, mouvement de militants UMP issu de La Manif Pour Tous, et des articles de Valeurs Actuelles, du JDD ou du Figaro sur l'abrogation de la loi Taubira.

Contactée par Le Lab, Caroline Carmantrand n'a pas donné suite à nos sollicitations. Sébastien Pietrasanta, lui, reconnaît qu'un élu peut "bien sûr" avoir des "positions communes" avec un adversaire politique sur différents sujets. Mais "le Front national n'est pas un parti comme un autre", estime-t-il :

Retweeter Marine Le Pen n'est pas un acte anodin. Soit il y a des personnes proches de l'extrême droite au sein de la majorité municipale et il faut l'expliquer aux Asniérois, parce que je considère qu'à ce moment-là il y a tromperie sur l'élection. Soit la mairie ne cautionne pas ce genre de propos et elle doit retirer sa délégation à Caroline Carmantrand. 

Hors de question, répond l'adjoint au maire chargé de la communication, Thomas Lam :

Retweeter une personnalité ne veut pas dire qu'on la soutient personnellement ou qu'on est proche de son parti. On ne va pas rentrer dans ces polémiques inutiles, il n'y a pas de sujet. 

"Nous sommes en démocratie, c'est son droit d'exprimer ses idées", avance encore Thomas Lam, précisant que Caroline Carmantrand "n'est pas en accord avec le Front national".

Le maire, Manuel Aeschlimann, ne pense pas sanctionner son adjointe mais regrette "une maladresse". Voici ce qu'il explique au Scan :

Ce que dit Marine Le Pen dans le tweet relayé est un lieu commun. Mais ces propos ont été tenus par beaucoup d'opposants à la loi Taubira, Caroline Carmantrand aurait pu choisir quelqu'un d'autre. [...] À titre personnel, je ne retweete pas Marine Le Pen.

[Edit 13h20 : ajout des déclarations de Sébastien Pietrasanta et de la communication du maire]

[Edit 13h50 : ajout des déclarations de Manuel Aeschlimann au Scan]

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