Christiane Taubira assume et revendique ne pas toujours chanter La Marseillaise

Publié à 11h36, le 11 mai 2014 , Modifié à 15h10, le 11 mai 2014

Christiane Taubira assume et revendique ne pas toujours chanter La Marseillaise
Image Antoine Bayet


Christiane Taubira revendique son droit à, dans certaines circonstances, ne pas chanter La Marseillaise, préférant "le recueillement au karaoké d'estrade".

Dans un billet publié sur son compte Facebook, ce dimanche 11 mai, la ministre de la Justice explique, en réponse à une polémique lancée par des élus UMP, ne pas avoir souhaité chanter l'hymne national, samedi 10 mai, à l'occasion de deux cérémonies de commémoration de l'abolition de l'esclavage tenues respectivement en présence du président de la République, François Hollande, et du Premier ministre, Manuel Valls.

Elle justifie cela par une distinction qu'elle énonce ainsi :

Lorsque, en fin de réunion publique, emportés par une ferveur désordonnée, nous entamons la Marseillaise, chacun y va de son lot de dissonances et le chant le plus maltraité de France retentit, revigoré par ces centaines, ces milliers de voix (...) j’y vais alors gaillardement de ma part de fausses notes.

Sinon, j’écoute. Le timbre, la tonalité, la première note et là où elle mènera le chant.

Geoffroy Boulard, premier adjoint UMP au maire du 17è arrondissement de Paris, membre du courant de "La Droite forte", avait reproché son silence à la ministre de la Justice, lors de sa participation à la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage tenue place du général Catroux, aux côtés de Manuel Valls.

Il l'avait fait dans plusieurs messages diffusés sur Twitter, samedi 10 mai, dans un billet de blog, publié ce 11 mai, et, également, auprès du Lab, expliquant : 

La Marseillaise, entonnée par un chanteur, a été reprise par tout le monde.

Tout le monde chantait ! La maire de Paris, le Premier ministre, ...

Elle, elle est restée stoïque.

Le premier adjoint UMP explique alors avoir questionné, "au pied de la tribune", la ministre. 

Voici le récit qu'il livre de l'échange, et la réponse qu'il attribue à la ministre :

Elle nous a d'abord prétexté qu'elle était arrivée en retard, et qu'elle ne prenait pas un chant en cours. 

Ensuite, elle nous a dit : "Je ne chante pas parce que je ne connais pas les paroles en entier".

Le récit avait été confirmé par trois élus de droite de l'arrondissement sur leurs comptes twitter (iciici, ou ).

Sur la base de cette réponse, Geoffroy Boulard a même réclamé rien de moins que ... la "démission" de Christiane Taubira.

Cette citation, très rapidement diffusée par l'élu sur son compte Twitter, a été rediffusée aussitôt par les opposants réguliers de la garde des Sceaux, mouvement du "Printemps français" en tête.

Contacté par le Lab, l'entourage de Christiane Taubira s'était agacé d'une nouvelle "vaine polémique" contre la ministre de la Justice, regrettant observer, dans les commentaires générés par les accusations des élus locaux, un "raccourci sans détour (qui) conduit toujours aux mêmes conclusions nauséabondes".

Et expliquait déjà :

Quand tout le monde chante La Marseillaise, elle chante.

Quand c'est un chanteur, elle écoute.

Quant aux propos attribués par Geoffroy Boulard à la ministre, l'entourage de Christiane Taubira parlait "d'une espèce de citation qui sort de nulle part".

Edit : Article mis à jour dimanche, à 13h, avec la réaction de Christiane Taubira sur Facebook

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