A contre-courant du gouvernement, le Sénat augmente le salaire des maires des grandes villes et des présidents de collectivités

Publié à 18h11, le 11 décembre 2017 , Modifié à 10h49, le 26 décembre 2017

A contre-courant du gouvernement, le Sénat augmente le salaire des maires des grandes villes et des présidents de collectivités
Gérard Larcher, président LR du Sénat. © ludovic MARIN / AFP

Au Sénat, l'Ancien monde fait de la résistance. Ce lundi 11 décembre, les sénateurs ont modifié, encore, le projet de loi de finances pour 2018, le fameux PLF qui n'est autre que le budget de l'Etat.

Les locataires du Palais du Luxembourg ont ainsi augmenté de 40% le salaire des maires des grandes villes, plus de 500.000 habitants, et celui des présidents de collectivités, régions et départements. En juillet dernier, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait annoncé que les collectivités locales allaient devoir réduire leurs dépenses de 13 milliards d'euros d'ici 2022.

Comme le mentionne Public Sénat, c'est un amendement du sénateur LR Jean-Marc Boyer qui a permis la création d'une "indemnité de sujétion spéciale", dans le langage commun : du cash pour les élus. Ainsi, la rémunération d’un président de région, de département ou d'un maire d’une très grande ville passerait de 5512 euros à 7716 euros.

A Public Sénat, le sénateur LR Pierre Cuypers explique les raisons de cette augmentation de salaire : "Après les réformes territoriales comme la loi NOTRE, les présidents de région ont vu leurs compétences augmenter avec l’économie, les transports l’aménagement du territoire. Les présidents de départements sont responsables des politiques de solidarité, de haute importance pour notre cohésion sociale."

Sur ce PLF 2018, le Sénat s'en est donné à coeur joie. Impôt sur la fortune immobilière : supprimé. Fin progressive de la taxe d'habitation : supprimée. Vote d'une nouvelle réserve parlementaire en remplacement de celle supprimée, cet été, par la loi de moralisation de la vie publique. De plus, concernant les frais de mandat, les sénateurs se sont octroyés quelques largesses de plus que les députés : l'enveloppe globale sera plus épaisse au Sénat (5.900 euros mensuels) qu'à l'Assemblée (5.373 euros). Par ailleurs, la sous-enveloppe qui pourra être dépensée sans avoir à fournir de justificatif est elle aussi plus importante pour les sénateurs (885 euros) que pour les députés (600 euros).

Reste au Sénat de valider tout ça lors d'un vote solennel sur l'ensemble du projet de loi, mardi 12 décembre. Ensuite, c'est l'Assemblée nationale qui aura la main. Les députés devraient très certainement refroidir toutes les ardeurs de l'Ancien monde en revenant à leur version du PLF.

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