ARCHIVES – Ils se sont affrontés, violemment, sur Florange. Mais le différent qui oppose le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à son ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg remonte à 2008. Quand ce dernier voulait prendre la place du premier à la tête du groupe PS à l’Assemblée nationale. Récit.

 
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    "Pas correct de poignarder Ayrault de la sorte"

    Florange a révélé au grand jour le conflit qui oppose Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault. A tel point que le Premier ministre n’adresserait pas la parole à son ministre du Redressement productif, qu’il a désavoué de manière cinglante sur l’hypothèse d’une nationalisation de Florange.

    Mais le fond de l’inimitié entre les deux hommes remonte à 2008. Un an après les défaites du PS à l’élection présidentielle ainsi qu’aux législatives, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale depuis 1997, remet son titre en jeu, "pensant que sa réélection ne serait qu’une simple formalité", comme l’expliquait à l’époque un député PS au Parisien.

    Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg en 2006. (Maxppp)

    Contre toute attente, face à lui se dresse alors Arnaud Montebourg, déjà candidat à la présidence du groupe en 2002. Cette fois, le ton est plus virulent.

    Le maire de Nantes se dit alors "déçu" de la candidature du député de Saône-et-Loire à qui il reproche un manque de loyauté :

    Nous n’avons pas la même conception de la politique, qui tient selon moi à la loyauté.

    L’attaque est frontale. Tout autant que la déclaration de candidature d’Arnaud Montebourg qui est en fait, en filigrane, une critique acerbe de l’exercice de la fonction façon Jean-Marc Ayrault.

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    François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg, à l'Assemblée, le 10 juin 2008. (Maxppp)

    Pour le député qui avait été porte-parole de la campagne élyséenne de Ségolène Royal, il s’agit de donner un coup de jeune à l’opposition socialiste contre Nicolas Sarkozy et l'UMP :

    Il faut construire une critique forte et convaincante, sortir du conformisme, imaginer des actions et des attitudes nouvelles.

    Chez les proches de Jean-Marc Ayrault, cette sortie ne passe pas. Ils y décèlent une "trahison" :

    C'est une véritable trahison. Ce n'est pas correct de poignarder Ayrault de la sorte, sans l'avoir prévenu. Si vote il y a, je pense qu’Ayrault s'en tirera, car Montebourg passe très mal auprès du groupe.

    Bien vu. Le groupe réélit dans la foulée Jean-Marc Ayrault, désavouant Arnaud Montebourg, battu par 120 voix contre 57.


     

     Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg, le 23 juin 2008. (Maxppp)

    Remonté contre cette "trahison", Jean-Marc Ayrault, une fois réélu, ne tardera pas à se venger en évinçant le troisième homme de la Primaire socialiste de son poste de vice-président du groupe socialiste.

    Son remplaçant est alors un spécialiste des finances qui monte, un certain Jérôme Cahuzac.    

     

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