A l’Assemblée, la députée Isabelle Attard accuse le ministre Jean-Michel Baylet de violences sur une collaboratrice

Publié à 18h28, le 11 octobre 2016 , Modifié à 18h37, le 11 octobre 2016

A l’Assemblée, la députée Isabelle Attard accuse le ministre Jean-Michel Baylet de violences sur une collaboratrice
Image Victor Dhollande-Monnier

Victor Dhollande-Monnier

En mars dernier, le site BuzzFeed News révélait que l’actuel ministre de la Ruralité et des Collectivités territoriales Jean-Michel Baylet avait été visé par une plainte pour violences en 2002 sur une collaboratrice. Selon les informations de nos confrères, cette affaire s’était terminée par une transaction secrète. Mardi 11 octobre, en pleine séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la députée Isabelle Attard a remis cette affaire sur la table en interrogeant directement le ministre concerné.

Le débat portait sur le projet de loi de développement et de protection des territoires de montagne. Rien à voir avec ces accusations de violences contre Jean-Michel Baylet. Après avoir rappelé au ministre que le Président voulait "un gouvernement exemplaire", et que la "lutte contre les violences faites aux femmes est une exigence", Isabelle Attard a attaqué :

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Et pourtant, le 11 février 2002, monsieur le ministre, vous étiez encore sénateur du Tarn-et-Garonne, quand votre collaboratrice parlementaire [Bernadette Bergon, ndlr] a porté plainte contre vous à la gendarmerie de Toulouse. Voici ce qu’elle a déclaré: elle était à votre domicile, lorsque vous l’avez ‘frappée, au visage, à plusieurs reprises’, monsieur le ministre. Vous avez enfermé votre collaboratrice chez vous, et vous l’avez ‘contrainte, sous la menace de nouveaux coups, à rédiger sous [votre] dictée une lettre de démission’, monsieur le ministre. Vous avez chassé votre collaboratrice de chez vous, en pleine nuit, ‘entièrement dévêtue et pieds nus’, monsieur le ministre.

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Après avoir laissé parler la députée du Calvados, la présidente de séance décide de lui couper le micro, expliquant qu’elle était "hors-sujet" (vous pouvez voir la scène ici en vidéo isolée par BFMTV).

Mais Isabelle Attard, qui est également l’une des plaignantes dans l’affaire Baupin, ne se démonte pas et poursuit son argumentaire :

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Vous étiez patron de presse, vous connaissez le délai de trois mois pour les attaquer en diffamation. Vous avez choisi le silence, face à ces informations qui dérangent. Aucun innocent n’aurait choisi de se taire. Par votre silence, vous reconnaissez être l’auteur de violences graves commises sur votre collaboratrice, monsieur le ministre. Certes vous ne serez jamais condamné, puisque vous avez acheté le silence de votre victime.

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Après avoir rappelé une nouvelle fois le vœu d’exemplarité du chef de l’Etat, Isabelle Attard veut conclure son intervention en posant une question à Jean-Michel Baylet. Son micro est à nouveau coupé. Définitivement cette fois. Elle termine tout de même son intervention, retranscrite par BuzzFeed News :

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Ma question est simple : monsieur le ministre Jean-Michel Baylet, comment osez-vous vous présenter à l’Assemblée nationale, sans être submergé par la honte ?

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Quelques minutes plus tard, Jean-Michel Baylet choisit de répondre à la députée du Calvados, qu’il accuse de "tout romancer". Il dit :

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On peut tout romancer mais il y a eu une instruction judiciaire dans cette affaire et elle a été classée sans suite […] le procureur de la république n’aurait jamais classé si les choses s’étaient déroulés comme vous l’avez dit.

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