À l'Assemblée nationale, le patron du bar "La Belle équipe" dénonce la déchéance de nationalité

Publié à 17h51, le 15 février 2016 , Modifié à 21h07, le 15 février 2016

À l'Assemblée nationale, le patron du bar "La Belle équipe" dénonce la déchéance de nationalité
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C'était l'une des grandes mesures annoncées par François Hollande devant le Congrès à Versailles, trois jours après les attentats meurtriers du 13 novembre : instaurer la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français et condamnés pour terrorisme. Le 9 février, l'Assemblée nationale a voté – de justesse – pour cette déchéance, applicable non plus seulement aux binationaux mais à l'ensemble des Français.

La mesure a longtemps fait débat, au sein du paysage politique comme dans la société française. Et ce n'est pas fini. Ce lundi 15 février, auditionné à l'Assemblée nationale dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire relative aux "moyens mis en œuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015", Grégory Reibenberg, patron du bar La Belle équipe où 20 personnes ont été tuées le 13 novembre, a fortement dénoncé cette mesure, comme l'a relayé Le Huffington Post.

Il a dit :

 

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Ce qui me préoccupe c'est : comment on va faire dans ce pays pour éviter que ce genre de choses arrive. […] Moi, personnellement, je n'allume pas la radio, je n'allume pas la télé. Le peu que j'entends, c'est sur la déchéance, cette histoire de la déchéance nationale. Je me dis, bah putain, depuis le 7 janvier 2015, c'est ça ? Un symbole qui, à mon sens perso – je crois que ce n'est pas l'avis de tout le monde – ne sert à rien ? C'est ça ? Alors vous avez un problème de moteur et vous vous occupez de la couleur de la banquette. Je ne comprends rien.

"

Un instant isolé par Le Huffington Post à voir ci-dessous en vidéo :



La question de la déchéance de nationalité a été fortement débattue ces dernières semaines, une partie de la gauche, celle qui "s'égare au nom de grandes valeurs" pour reprendre les mots de Manuel Valls, mais aussi une partie de la droite, dénonçant une mesure symbolique, pour certains inutile en matière de lutte contre le terrorisme et dont la constitutionnalisation, pour d'autres, est inutile.

Lors du vote, mercredi 10 février, de la réforme constitutionnelle, les partis ont d'ailleurs fait état de leur division à ce sujet.

Même Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, a fait part de son "inconfort philosophique" avec la place prise par ce débat. "On ne traite pas le mal en l'expulsant de la communauté nationale", avait-il déclaré, cité par Le Figaro mercredi 10 février, avant de nuancer ses propos sur iTÉLÉ. "En pleine sincérité avec mes convictions, c'est que je pense qu'il ne faut pas donner plus de sens à ce débat qu'il ne doit en avoir, plus de place qu'il ne doit en avoir", avait-il ajouté. 

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