Accident de Puisseguin : Noël Mamère pointe la responsabilité de la loi Macron sur les autocars

Publié à 11h17, le 23 octobre 2015 , Modifié à 11h32, le 26 octobre 2015

Accident de Puisseguin : Noël Mamère pointe la responsabilité de la loi Macron sur les autocars
Noël Mamère © BORIS HORVAT / AFP
Image Sylvain Chazot


Il aura fallu quatre heures, à peine, pour que la responsabilité du gouvernement, même indirecte, soit évoquée par un politique après l'accident de car survenu en Gironde, ce vendredi 23 octobre, et qui a coûté la vie à au moins 43 personnes.

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> Ce que l'on sait de l'accident mortel qui a fait 43 morts en Gironde 

Sur RMC, le député écolo Noël Mamère commence par rendre hommage aux victimes. Mais très vite, "une fois que l'émotion est passée", dit-il – ce qui du coup semble arriver assez vite - l'élu veut comprendre les circonstances de l'accident. Et désigner les coupables.

Le député-maire de Bègles connaît la route où est survenue la violente collision. "Le virage est considéré comme très dangereux",  commence-t-il, s'interrogeant sur l'entretien des routes. Ce qui l'amène tout naturellement à s'interroger sur "les choix politiques qui sont faits par le gouvernement en terme d'infrastructures". Mais ce n'est pas le seul questionnement de l'ancien candidat à la présidentielle. La loi Macron est elle-aussi visée. Il dit :

Deuxième question, qui se pose malheureusement de manière tragique, c'est les choix qui ont été faits par le gouvernement et monsieur Macron de libéraliser le système des autocars au détriment des trains et des lignes secondaires qui sont beaucoup plus secures (sic) et qui ont été abandonnées.

Le parallèle n'était pas évident à faire immédiatement après le drame. Noël Mamère ne l'avait d'ailleurs pas forcément prévu. Car lorsque le journaliste de RMC lui demande si c'est vraiment le moment de pointer les responsabilités politiques, l'élu répond :

Mais bien sûr que non mais vous m'interrogez. […] C'est sans doute un peu trop tôt mais il ne fallait pas m'appeler.

Et Noël Mamère d'expliquer qu'il n'a pas d'autre choix que de critiquer le gouvernement. "Soit je pleure et fonctionne dans l'émotion, et ça n'ajoute rien. Soit vous me demandez d'intervenir comme responsable politique qui tire les premières conclusions de ce qu'il vient de se passer. C'est ce que je fais", se défend-il, avant de dénoncer à nouveau "la libéralisation des autocars, telle qu'elle a été prévue par la loi Macron compte tenu de l'état de nos routes départementales". 

À noter que cette analyse est totalement assumée par le député-maire de Bègles. Quelques minutes après, c'est sur iTÉLÉ que l'élu écolo répète ses accusations. "Il manque aussi une personne, un ministre, dans cette tragédie, sur le terrain, c'est monsieur Macron, qui a décidé de libéraliser le transport par autocars", a-t-il dit, estimant toutefois qu'il fallait pas partir de cet accident pour "lancer un débat". 

[Edit 20h45]

Auprès de Rue89 (site pour lequel il blogue également), Noël Mamère se défend d'avoir rendu "la loi Macron responsable de l'accident" et dénonce une "réduction [de son] propos" :



On a l’impression que je rends la loi Macron responsable de l’accident. Ce serait obscène de ma part. Je dénonce depuis longtemps cette réduction du propos qui permet de jeter en pâture des hommes politiques. C’est la raison pour laquelle je ne suis ni sur Facebook, ni sur Twitter.

Éric Ciotti (LR) a été un des premiers à dénoncer les mots de Noël Mamère, fustigeant une "réaction honteuse, stupide et indécente".





L'ex-EELV François de Rugy a aussi critiqué les propos de son collègue parlementaire.





Luc Carvounas (PS), sans citer Noël Mamère, a mis en garde contre "les polémiques politiciennes indécentes". 





Noël Mamère est encore intervenu sur BFMTV pour expliquer qu'avec la loi Macron sur les autocars, il y aura d'autres accidents comme celui survenu vendredi. Gérard Filoche, qui aime plus que tout critiquer le ministre de l'Économie, a abondé dans le sens du député écolo :





Ce membre du bureau national du PS, comme il se présente lui-même, en a profité pour faire la promotion se son site macron-demission.fr, accompagnant son message de deux dessins de bus, dont un signé Charb, critiquant la loi Macron. 





Très énervé, Gérard Filoche a ensuite assuré que son post Twitter et l'accident n'étaient "pas reliés". Pour preuve son opposition quotidienne à la loi Macron sur les autocars, a-t-il expliqué. Dans l'après-midi, il a cependant publié un billet de blog pour alerter sur "le danger des milliers d'autocars Macron". Ce billet commence ainsi :



Un accident du travail, n’est pas le moment de se recueillir, mais de faire le maximum de bruit pour que les consciences s’éveillent, à chaud, et que les mesures soient prises vite, pour que ça ne se reproduise plus.




[EDIT 12h] Ajout réactions Éric Ciotti, François de Rugy et Luc Carvounas

[EDIT 12h50] Ajout réaction Gérard Filoche

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