Accusée de "haute trahison", Emmanuelle Cosse jure que si elle voulait "une vie confortable", elle ne serait pas politique

Publié à 09h40, le 12 février 2016 , Modifié à 09h51, le 12 février 2016

Accusée de "haute trahison", Emmanuelle Cosse jure que si elle voulait "une vie confortable", elle ne serait pas politique
Emmanuelle Cosse © GEORGES GOBET / AFP

SACERDOCE - C'est sans doute la nomination au gouvernement qui fait le plus parler depuis l'annonce du remaniement, jeudi 11 février. Emmanuelle Cosse, ancienne secrétaire nationale d'Europe Écologie – Les Verts, qui par le passé a souvent critiqué François Hollande et le gouvernement, est devenue ministre du Logement. "Je rentre dans ce gouvernement avec des oppositions franches, le président le sait", prévient-elle ce vendredi 12 février sur France Inter. Pour autant, certains dans son ancien camp n'acceptent pas ce choix.

Les commentaires assassins se multiplient de la part de ses anciens camarades écolos. "Il y a de la distance avec certains, admet Emmanuelle Cosse. Et puis j'ai aussi beaucoup d'amis, même s'ils ne partagent pas mon choix, qui m'ont envoyé beaucoup de messages d'encouragements et qui m'ont dit qu'ils préféraient que ce soit moi dans ce gouvernement."

Ce n'est pas l'un d'eux qui appelle ce matin la radio publique. Au contraire : Guillaume, militant chez les Verts, dénonce une "haute trahison". Après avoir annoncé qu'il allait faire des "confettis" de sa carte d'EELV, il dénonce l'entrée dans "un gouvernement de droite" de l'ancienne secrétaire nationale.

Celle-ci va alors se lancer dans un long laïus sur la nécessité d'agir plutôt que de rester confortablement assis à ne rien faire, le tout agrémenté d'une attaque totalement gratuite envers les journalistes. Elle dit :

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En acceptant ce poste, je n'ai ni l'impression d'avoir trahi mes convictions, mes engagements depuis 25 ans, ce que je suis, et en plus je ne l'ai pas fait pour marchander quoi que ce soit. Parce que dans ce cas ça voudrait dire quoi ? Quoi ? Les écolos viendraient au gouvernement pour planter la candidature de Cécile Duflot ? Mais si c'est ça faire de la politique, comment voulez-vous qu'à un moment, les gens croient en l'action politique ? Moi j'y crois. […]



Moi je crois à l'action politique. C'est pour ça aussi qu'en 2009, je suis sortie de mon pas de côté avec la politique et que je me suis dit 'je saute le pas, je vais à Europe Écologie'. Je ne l'ai pas fait pour de la tactique. Objectivement, j'en ai rien à faire. Si je voulais avoir une vie confortable, je travaillerais autrement, j'aurais gardé mon métier de journaliste même si ce n'est pas vraiment confortable non plus, et j'aurais pris le large par rapport à la politique. Sauf que je me suis dit qu'il faut agir.



Notre pays ne va pas très bien, il y a des choses qui me révoltent tous les jours dans ce pays, et je crois que, si à un moment on me donne la chance d'agir, et bien j'essaye de le faire.

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Au début des années 2000, Emmanuelle Cosse a mené une carrière de journaliste, collaborant notamment pour le magazine Têtu et la revue de la gauche radicale Regards. Ce n'était pas très confortable mais être ministre n'est pas "très confortable" non plus. Ce que l'on veut bien croire. "C'est dur la politique", commentait jeudi sur RTL Laurent Fabius. Mais comme il en faut bien certains pour se retrousser les manches…  notamment à cause du FN.

Quelques minutes après cette intervention, Emmanuelle Cosse évoque en effet la montée de l'extrême droite en France, notamment lors des dernières élections. "Ca appelle aussi qu'on se mobilise pour répondre à cette détresse-là", avertit l'écolo. 

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