Affaire Bygmalion : pourquoi Lagarde ne "croit pas une seconde" à une manipulation contre Sarkozy

Publié à 11h21, le 07 septembre 2016 , Modifié à 11h21, le 07 septembre 2016

Affaire Bygmalion : pourquoi Lagarde ne "croit pas une seconde" à une manipulation contre Sarkozy
Jean-Christophe Lagarde. © AFP

"Aucune manipulation, aussi honteuse soit-elle, ne me détournera de ma volonté absolue de construire l'alternance", a déclaré Nicolas Sarkozy dans sa première réaction publique aux réquisitions du parquet de Paris qui a demandé mardi son renvoi devant le tribunal correctionnel dans l’affaire Bygmalion. Un élément de langage, celui du complot et de la manipulation, répété en boucle par toute la sarkozie pour défendre son champion.

Un argumentaire qui ne tient pas la route, selon le centriste Jean-Christophe Lagarde. Invité de Sud Radio ce mercredi 7 septembre, le président de l’UDI a expliqué qu’il ne croyait "pas une seconde qu’il y ait manipulation dans cette affaire". Son raisonnement est simple. Selon lui, François Hollande estime que sa meilleure chance de réélection est de rééditer le combat de 2012 avec Nicolas Sarkozy. L’affaiblir n’entrerait donc pas dans les intérêts du chef de l’Etat.

Et le centriste de développer :

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Depuis trois ans j’ai acquis la conviction que François Hollande rêve de la candidature de Nicolas Sarkozy parce qu’il estime que c’est celle qui lui permettrait de se sauver. Je ne vois pas pourquoi il manipulerait pour affaiblir ce qui est, pour lui - je pense qu’il se trompe - son meilleur adversaire, sa meilleure chance d’être réélu parce qu’il pense que ça lui permettrait de rassembler une gauche qui ne veut plus de lui.

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"Je ne crois pas à de la manipulation", insiste encore le député-maire de Drancy qui n'est pas le plus grand fan de Nicolas Sarkozy au sein de l'UDI et qui ne votera pas à la primaire de la droite.

A chaque rebondissement judiciaire, outre une réaction désinvolte et systématique, le camp Sarkozy évoque l’idée d’un complot de l’exécutif contre l’ancien chef de l’Etat. Certains, tel Pierre Charron, allant jusqu’à parler d’un "cabinet noir" à l’Elysée.

Dans des réquisitions du 30 août, le parquet a demandé le renvoi en correctionnelle de l'ex-président pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy, mis en examen en février, se voit reprocher notamment d'"avoir dépassé le plafond des dépenses électorales" fixé à 22,5 millions d'euros et de faire "état", dans son compte de campagne, d'"éléments comptables sciemment minorés". Il appartient maintenant aux juges d'instruction de suivre ou non ces réquisitions. Une décision à prendre dans un délai d'un mois minimum.

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