Affaire du MoDem : le gros point Godwin de François Bayrou, se défendant contre la "société de dénonciation"

Publié à 17h50, le 21 juin 2017 , Modifié à 17h58, le 21 juin 2017

Affaire du MoDem : le gros point Godwin de François Bayrou, se défendant contre la "société de dénonciation"
© Montage le Lab via BFMTV
Image Amandine Réaux


Sa prise de parole était attendue pour expliquer ce qui n’était pas vraiment une démission, intervenue dans la matinée du mercredi 21 juin. À 17 heures, François Bayrou a pris la parole depuis le siège du MoDem et annoncé vouloir se défendre dans l’affaire des emplois fictifs qui touchent le MoDem, ce qu'il ne pouvait pas faire en tant que garde des Sceaux.

Pour ce faire, le ministre démissionnaire de la Justice (enfin, le futur ex-ministre qui ne souhaite pas faire partie du prochain gouvernement, pardon), est tombé un poil dans le complotisme. D’abord en soulevant que, comme par "hasard", les premières révélations avaient eu lieu pendant qu’il planchait sur la loi sur la moralisation de la vie publique : "J’imagine que c’est par hasard, une campagne s’est développée de dénonciations anonymes cherchant à accuser le MoDem d'emplois fictifs".

Puis le patron du MoDem a fustigé le "système" actuel de "dénonciation" qui lui rappelle les *heures les plus sombres de notre histoire*. Il s’est lancé dans cette diatribe :

Je le dis comme je le pense : nous ne pouvons pas vivre dans une société de perpétuelle et universelle dénonciation. La France a été à d’autres époques, hélas, le pays des lettres anonymes. Celui où, paraît-il, on en a le plus écrit de toute l’Europe. La dénonciation du voisin, qui vous gêne ou que l’on jalouse, est entrée dans une nouvelle époque, une nouvelle phase, car la dénonciation fait désormais système avec les réseaux sociaux, avec la presse, dont la justice, lorsqu’elle découvre ces éléments, est obligée de se saisir. L’ouverture d’une enquête est dès lors présentée comme une pré condamnation et la machine folle se met en route. L’acte le plus anodin et le plus normal, sous ce miroir grossissant, apparaît suspect, d’autant que, chacun d’entre vous le sait, il n’est pas une vie humaine, collective ou personnelle, qui résiste à telle inquisition; à cette déferlante, la démocratie ne résistera pas.

Si une dénonciation anonyme et non-fondée, reprise dans cette cocotte-minute que constituent réseaux sociaux, justice et médias, suffit à provoquer de telles vagues, comment se défend-on ? Pour l’instant, il n’existe aucune défense et je pense que cette question mérite d’être posée.

Selon lui, "il y a en effet un certain nombre de forces et de puissances pour qui la moralisation de la vie publique serait un obstacle à leur influence et à leurs lobbies".

François Bayrou a également assuré avoir discuté de sa démission avec le Président Emmanuel Macron dès le début de l'enquête sur le MoDem, qui a été ouverte le 9 juin. 

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