Affaire et (non) démissions : grosse passe d’armes entre Sylvie Goulard et François Bayrou par médias interposés

Publié à 14h57, le 20 juin 2017 , Modifié à 15h03, le 20 juin 2017

Affaire et (non) démissions : grosse passe d’armes entre Sylvie Goulard et François Bayrou par médias interposés
Deux cadres du MoDem. L'un a démissionné, l'autre pas. © Montage AFP
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Victor Dhollande-Monnier

Ce mardi 20 juin, la ministre des Armées Sylvie Goulard a pris tout le monde de court en démissionnant de son poste. Concernée par l’affaire des assistants parlementaires du MoDem, elle a choisi de quitter ses fonctions "pour démontrer librement [sa] bonne foi". Mais quid de Marielle de Sarnez et François Bayrou, eux aussi concernés par cette affaire et toujours en poste au gouvernement ? Le garde des Sceaux estime que le départ de la ministre des Armées est lié à des raisons "strictement personnelles". "Faux", répond l’entourage de la désormais ex-ministre.

Par médias interposés, lui et Sylvie Goulard se sont livrés à une grosse passe d’armes tout au long de la matinée. Le Lab revient sur ce désaccord entre cadres du MoDem entrés au gouvernement en 3 étapes.

  • Goulard démissionne et donne ses raisons

Moins de 24 heures après la démission de Richard Ferrand, un deuxième membre du gouvernement d’Édouard Philippe jette aussi l’éponge. Dans un communiqué, la ministre des Armées Sylvie Goulard donne ses raisons :

"

Le Président de la République a entrepris de restaurer la confiance dans l’action publique, de réformer la France et de relancer l’Europe. Cette entreprise de redressement doit l’emporter sur toute considération personnelle. C’est pourquoi j’ai demandé au Président de la République, en accord avec le Premier ministre, de ne plus faire partie du Gouvernement […] Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli.

"

Depuis plusieurs jours, les révélations dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem se multiplient et mettent la pression sur les personnes concernées. Selon franceinfo, entre 2009 et 2014, "une dizaine de salariés du siège du parti étaient parallèlement collaborateurs des députés européens du MoDem". Cela concerne notamment Sylvie Goulard, mais aussi la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez, visée par une enquête concernant l'emploi de l'une de ses attachés parlementaires au Parlement européen.

En insistant sur le devoir d’exemplarité, Sylvie Goulard met directement la pression sur les deux autres membres du gouvernement concernés : la ministre chargée des Affaires européennes Marielle de Sarnez et le ministre de la Justice François Bayrou. Citée par Le Parisien, la vice-présidente du MoDem n’exclut pas de démissionner :

 

"

Tout est ouvert pour moi, ma mission au gouvernement ou la présidence du groupe MoDem à l'Assemblée.

"

Marielle de Sarnez laisse clairement entendre qu’une démission est possible. Et qu’en est-il de François Bayrou ?

  • Bayrou lui répond et écarte une démission

Le garde des Sceaux n’est pas vraiment sur la même ligne que Sylvie Goulard. Et pour cause, François Bayrou a déjà considéré auprès du Monde que le départ de la ministre des Armées est lié à des raisons "strictement personnelles". Selon lui, ces raisons ne remettent donc pas en cause la participation du MoDem au futur gouvernement.

Invité de BFMTV mardi 20 juin, le Premier ministre Édouard Philippe a apporté son soutien au ministre de la Justice. Il a estimé qu'il n'y avait "aucun" problème à ce que François Bayrou reste au gouvernement.

  • Goulard réplique illico

Sachez-le, Sylvie Goulard n’est pas du tout d’accord avec la version donnée par le président du Modem. Selon l’entourage de l’ex-ministre, cité par un journaliste du Figaro, "si les raisons de sa démission étaient 'personnelles', elle l’aurait écrit dans son communiqué". Et de rajouter : "C’est une européenne. Elle s’applique des règles qui peuvent étonner en France mais correspondent aux standards de beaucoup de pays".

Excellente ambiance donc. 

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