Affaire Ferrand : Bernard Accoyer (LR) dénonce une "véritable escroquerie" et un "conflit d’intérêt"

Publié à 15h50, le 28 mai 2017 , Modifié à 15h50, le 28 mai 2017

Affaire Ferrand : Bernard Accoyer (LR) dénonce une "véritable escroquerie" et un "conflit d’intérêt"
Bernard Accoyer. © Capture d'écran BFMTV.
Image Sébastien Tronche


Jusqu’où va aller l’affaire Ferrand ? Alors que de nombreuses personnalités politiques, de Marine Le Pen (FN) à Jean-Christophe Cambadélis (PS), ont demandé la démission du ministre de la Cohésion des territoires après les révélations du Canard Enchaîné sur une affaire immobilière opérée par le macroniste et son épouse, le Parquet national financier comme le parquet de Brest ont refusé d’ouvrir une enquête. Suffisant pour que le gouvernement conteste l’existence d’une "affaire Ferrand". Mais pas suffisant pour calmer les ardeurs et velléités de l’opposition, à l’approche des élections législatives.

Invité de BFM Politique ce dimanche 28 mai, Bernard Accoyer a jugé incohérentes les décisions prises par les deux parquets. "Nous ne nous arrêterons pas là", renchérit le secrétaire général de LR qui dénonce dans cette affaire "une véritable escroquerie" avec de l’argent public :

D’abord les faits. En six ans, parce que monsieur Ferrand était directeur général d’une mutuelle, il a pu acquérir, ou son épouse, avec 100€ un patrimoine de près de 600.000 euros. S’il n’y a pas un enrichissement sans cause, s’il n’y a pas un délit d’initié, s’il n’y a pas ce que je crois être une véritable escroquerie, alors je me demande où est la loi. Que le procureur du parquet national financier ne se saisisse pas, c’est ignorer que les mutuelles ont un statut particulier où il y a des avantages fiscaux considérables, ça n’est pas véritablement et exclusivement de l’argent privé. Donc il y a de l’argent public là-dedans.

D’autre part, l’ancien président de l’Assemblée nationale rappelle une proposition de loi signée par le député Ferrand en 2012 qui, au regard de l’affaire qui a éclaté à propos de l’opération immobilière faite avec une mutuelle, semble placer le ministre et premier rallié socialiste à Emmanuel Macron en situation de conflit d’intérêt. Il déroule :

Je note que monsieur Ferrand, sa première proposition de loi en 2012, il est en parfait conflit d’intérêt. Il dépose une proposition de loi visant à permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soin. Si ce n’est pas un conflit d’intérêt... Il y a un véritable scandale. Nous le dénonçons.

Le patron de LR fait ici référence à un texte déposé à l’Assemblée nationale en octobre 2012 par l’ensemble du groupe socialiste et pour lequel Richard Ferrand figure parmi les premiers signataires. Cette proposition de loi "vise à permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soins". "Il y a certainement des délits en plus d’un problème moral évident", conclut Bernard Accoyer alors que dans sa déclaration d’intérêt remplie en 2014 comme député, Richard Ferrand reconnaissait avoir été rémunéré comme DG des Mutuelles de Bretagne jusqu’en 2013. Parallèlement, l’élu breton stipulait avoir été "chargé de mission auprès de la direction" de cette mutuelle, pour une rémunération de 1 250 euros par mois.

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