Affaire Fillon : Bruno Le Maire dénonce le non respect "de la parole donnée" et démissionne de l'équipe de campagne

Publié à 14h21, le 01 mars 2017 , Modifié à 19h12, le 01 mars 2017

Affaire Fillon : Bruno Le Maire dénonce le non respect "de la parole donnée" et démissionne de l'équipe de campagne
Image Aurélie Marcireau


Le 26 janvier dernier, François Fillon annonçait que la seule chose qui pourrait l'empêcher de se présenter à la présidentielle serait une mise en examen. Ce 1er mars, le même François Fillon annonce sa prochaine mise en examen (lors de sa convocation par le juge) le 15 mars prochain et la poursuite de sa campagne. L'ex- Premier ministre se dit victime d'un assassinat politique. Il faut dire que sur cette question de mise en examen, entre temps, en février, il avait *un peu* changé d'avis.  

Cette déclaration de janvier, Bruno Le Maire, jusqu'alors représentant du candidat pour les affaires européennes et internationales ne l'a pas oubliée. Il démissionne donc de son poste au nom du respect de la parole donnée. Dans un communiqué, il explique :

François FILLON a annoncé ce matin qu’il allait être convoqué le 15 mars par les juges d’instruction afin d’être mis en examen. Le 26 janvier dernier, François FILLON déclarait devant les Français que dans ce cas de figure, il retirerait sa candidature à la présidence de la République française. Je crois au respect de la parole donnée. Elle est indispensable à la crédibilité de la politique. Elle est la condition nécessaire pour mener sereinement les efforts de redressement de la France.  En accord avec mes principes, je démissionne donc de mes fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales de la campagne de François FILLON. Je poursuis le combat politique au service de la France et des Français. 

Ce 1er mars, après avoir annulé au dernier moment sa visite au Salon de l’agriculture, François Fillon a pris la parole à son QG de campagne pour annoncer qu’il maintenait sa candidature à l’élection présidentielle. Une décision prise après de longues minutes de flottement et malgré sa convocation par les juges en vue de sa mise en examen pour l’affaire des emplois supposés fictifs de sa femme et de ses enfants.

[EDIT] 14h32 - Des lemairistes s'en vont (et aussi l'UDI ?)

Plusieurs autres élus proches de Bruno Le Maire lui ont emboîté le pas. Via Twitter, le maire LR de Reims, Arnaud Robinet déclare partager la décision de son champion et se met "en retrait" de la campagne.   









C'est le cas également du député de Seine-et-Marne Franck Riester, de la députée d'Eure-et-Loir Laure de La Raudière et du député-maire de Vesoul Alain Chrétien :









Parmi les lemairistes qui ne quittent pas Fillon, reste donc Thierry Solère, soutien de Bruno Le Maire pour la primaire dont il était l'organisateur et qui est aujourd'hui porte-parole du candidat LR. 

Réunie dans l'après-midi, l'UDI a décidé de "suspendre" sa participation à la campagne de François Fillon. Un bureau exécutif du parti centriste sera réuni "la semaine prochaine" pour prendre une "décision collective et définitive", a annoncé son président Jean-Christophe Lagarde. Mais le vice-président de l'UDI Yves Jégo indique d'ores et déjà qu'il "approuve totalement la position courageuse et digne" de Bruno Le Maire :





Un autre député LR, l'élu des Ardennes Jean-Luc Warsmann (qui n'avait pas pris position pendant la primaire), a lui aussi annoncé dans l'après-midi sa mise en retrait de la campagne de François Fillon. Évoquant avec pudeur les "éléments nouveaux" survenus depuis le second tour de la primaire, l'ancien président de la commission des lois de l'Assemblée nationale critique la réponse apportée par Fillon aux développements judiciaires le concernant. Dans un communiqué diffusé sur Twitter, il écrit :

Ce candidat vient aujourd'hui de réagir par des arguments et des mots que je ne partage pas. Chacun comprendra donc que je ne participerai pas à sa campagne électorale.

L'ancien filloniste historique devenu sarkozyste puis redevenu filloniste Pierre Lellouche, de son côté, demande le retrait de François Fillon et le report de la présidentielle. Il a été suivi par les sarkozystes Catherine Vautrin (vice-présidente de l'Assemblée et ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy) et Sébastien Huyghe

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