Affaire Fillon : le conseil de Nicolas Sarkozy à François Fillon pour s'en sortir

Publié à 09h24, le 22 février 2017 , Modifié à 09h24, le 22 février 2017

Affaire Fillon : le conseil de Nicolas Sarkozy à François Fillon pour s'en sortir
Nicolas Sarkozy et François Fillon © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Image Sylvain Chazot


On connaissait la méthode Pasqua qui consiste, pour se sortir d'une mauvaise passe  judiciaire, à créer une affaire dans l'affaire jusqu'à ce que plus personne n'y comprenne rien. Il faudra désormais compter avec la méthode Sarkozy qui consiste, elle, à faire le plus de tintamarre possible afin de recouvrir le bruit médiatique des affaires. C'est exactement le conseil qu'a donné Nicolas Sarkozy à François Fillon, le 15 février, lorsque les deux hommes se sont retrouvés pour déjeuner. L'ancien Président était là pour donner ses bons tuyaux, comme le rapporte Le Canard Enchaîné de ce mercredi 22 février.

L'ancien Président a ainsi raconté à ses proches :

Il [François Fillon] est complètement paumé, l'autre. Il m'a harcelé de questions sur ce qu'il devait faire, c'est tout juste s'il ne prenait pas de notes. Je lui ai dit de saturer l'espace médiatique : une proposition choc chaque jour. Il m'a alors demandé comment couvrir le bruit négatif des juges. […] Plus tu en feras, plus tu couvriras le bruit médiatique négatif.

Action, réaction. À peine sorti de son déjeuner et François Fillon proposait de fixer la majorité pénale à 16 ans, et non plus à 18 ans. Un bon gros volte-face de la part de l'ancien Premier ministre qui y était opposé quelques semaines plus tôt. Mais cela n'avait rien à voir avec la rencontre avec Nicolas Sarkozy, ont immédiatement assuré les proches du candidat LR.

Reste que, jusqu'à ce déjeuner, l'ancien Premier ministre était empêtré jusqu'au cou dans une affaire qui minait sa campagne présidentielle. François Fillon n'avait pourtant pas ménagé sa peine pour créer une affaire dans l'affaire. Il avait ainsi expliqué que l'embauche de son épouse comme assistante parlementaire était légale  - omettant que c'est bien le caractère supposé fictif de l'emploi de Penelope Fillon qui est reproché. Il avait également accusé  le "tribunal médiatique" de vouloir torpiller sa campagne. Il avait encore estimé que le Parquet national financier n'avait aucune légitimité pour traiter cette affaire. Et pourtant, rien n'y faisait, l'affaire Fillon se poursuivait. Du moins jusqu'à la mise en place de la méthode Sarkozy.

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