Affaire Pénicaud : Castaner demande d'arrêter le "tir aux pigeons" contre la ministre du Travail

Publié à 11h04, le 04 juillet 2017 , Modifié à 20h32, le 04 juillet 2017

Affaire Pénicaud : Castaner demande d'arrêter le "tir aux pigeons" contre la ministre du Travail
Christophe Castaner. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Loïc Le Clerc pour

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, est dans la tourmente. Elle est citée dans "l'affaire Business France", une histoire de violation présumée des règles de mise en concurrence qui concerne l'organisation d'une soirée en 2016 à Las Vegas, en présence de l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

Et tout ceci agace, c'est le moins qu'on puisse dire, l'exécutif. Ce mardi 4 juillet, c'est à Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, invité d'Europe 1, de monter au créneau après les dernières révélations du JDD et de Libération. Il lance :



Il y a une règle simple, rappelée par le Premier ministre : 'S'il y avait une mise en examen de Muriel Pénicaud, elle devrait quitter le gouvernement.'

Et Christophe Castaner de donner son *conseil* aux journalistes :



On fait la différence entre l'enquête, et la liberté de la presse, elle est majeure, elle est fondamentale, mais le fait est qu'il faut arrêter de faire du tir aux pigeons et de penser que c'est le sport national. Les Français ont cette mauvaise habitude. Redonnons confiance en la politique et vous verrez que ça s'arrêtera.








Stop au tir aux pigeons, donc, pour Christophe Castaner, qui avait déjà demandé fin juin à la presse de "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail. Puis, on n'oublie pas les remontrances d'Emmanuel Macron, lundi 3 juillet au Congrès, appelant la presse à "en finir avec cette chasse à l'homme". Il y a également eu ce commentaire du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, pour lequel "on cherche des polémiques" à Muriel Pénicaud parce qu’elle "est en train de réussir merveilleusement".

Libération avait affirmé la semaine dernière que Muriel Pénicaud avait "validé" certaines dépenses relatives à l'organisation de la soirée sur laquelle la justice enquête. Dimanche le JDD a lui affirmé que la ministre avait été "briefée" en amont des difficultés d'ordre comptable que soulevait l'organisation de cette soirée. La ministre a répondu qu'elle n'avait rien à se reprocher, qualifiant l'idée qu'elle ait pu étouffer l'affaire de "blague" et évoquant une "erreur de procédure" à la suite de laquelle elle avait "immédiatement déclenché un audit, interne et externe". Libération revient sur l'affaire ce mardi, affirmant que Muriel Pénicaud a transmis aux autorités de contrôle "une synthèse biaisée du dossier".

[EDIT 20h30]

Sur BFMTV ce mardi soir, Christophe Castaner a assuré que ce propos sur le "tir aux pigeons" n'était pas un reproche vis-à-vis de la presse. Mais il l'a tout de même regretté, le qualifiant de "malheureux" :



Mais vous avez raison, j'ai eu moi-même un propos malheureux sur ce sujet.

Le porte-parole du gouvernement a ensuite expliqué que "toute la question, c'est de savoir qui est juge de la morale et qui est juge de l'éthique". Il poursuit, finissant par considérer qu'on devrait quand même plus parler de la réforme du code du travail que de l'affaire de Muriel Pénicaud :



Aujourd'hui, on ne peut pas se contenter d'un article de presse qui met en cause - surtout quand il y a une enquête judiciaire et que celle-ci n'aboutit pas à la mise en examen d'une personne - pour dire 'cette personne doit quitter la vie politique'. C'est toute la difficulté, et en même temps vous êtes dans votre rôle de contribuer à la transparence. Et donc il faut trouver ce point d'équilibre. Mais c'est vrai qu'on peut avoir le sentiment qu'à un moment donné, une société qui cherche toujours des coupables alors même que ça n'est pas forcément le cas, et en particulier sur la classe politique, affaiblit notre démocratie. Mais je ne reprocherai jamais à un journaliste de mettre en avant des informations qu'il a et qu'il entend rendre publiques une fois qu'il les a vérifiées. Mais je pense qu'il ne faut pas tourner en boucle et qu'aujourd'hui par exemple, concernant Muriel Pénicaud où le débat porte sur un marché public dont le montant n'a pas été respecté sur la représentation de la France dans un grand colloque international lié au numérique [...], je pense qu'à un moment donné, il faudrait plus parler des ordonnances et du contexte d'évolution de la loi Travail, plutôt que de cette affaire-là, où la justice est saisie. La justice fera son travail et nous savons tous que si, in fine, la ministre était mise en cause par une mise en examen, elle serait sanctionnée, elle quitterait le gouvernement.

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