Alain Finkielkraut défend Nadine Morano et sa "race blanche" : "l’antiracisme est toujours assoiffé d’un nouveau gibier"

Publié à 10h07, le 02 octobre 2015 , Modifié à 10h26, le 02 octobre 2015

Alain Finkielkraut défend Nadine Morano et sa "race blanche" : "l’antiracisme est toujours assoiffé d’un nouveau gibier"
© images France Inter et France 2.
Image Delphine Legouté


Nadine Morano, brûlée au bûcher de l'antiracisme. C'est l'opinion que développe Alain Finkielkraut dans la matinale de France Inter ce 2 octobre. Après les propos de l'eurodéputée LR sur la France, pays de "race blanche", le philosophe estime qu'elle a été ajoutée à la longue liste des racistes "dénoncés chaque semaine" depuis la crise des migrants :



La chasse aux racistes est ouverte, il y a un raciste qui est dénoncé par semaine aujourd’hui.

"Vous pensez à Michel Onfray ?", lui demande son interlocuteur. C'est là qu'Alain Finkielkraut embraye de lui-même sur le cas de Nadine Morano. Pour lui, l'eurodéputée a cité, certes "très approximativement", le général de Gaulle mais en faire un objet de polémique est "absurde" :

Michel Onfray d’abord, Nadine Morano aujourd’hui. J’y ai eu droit en 2005, ça va sans doute revenir. Nadine Morano, je ne dis pas que c’est une victime, je dis simplement qu’elle a cité très approximativement une phrase prononcée par le général de Gaulle en 1959 pour justifier l’indépendance de l’Algérie.

Contre les partisans de l’intégration, il a dit en substance : "la France a une vocation universelle, elle doit pouvoir accueillir les gens de toutes couleurs mais une minorité d’entre eux car c’est un vieux peuple européen, de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne, il ne faut pas se raconter d’histoire." (...) C'est ce qu'elle a essayé de dire...

Finalement, à ses yeux, c'est le procès en racisme du général de Gaulle que l'opinion est en train d'intenter à travers Nadine Morano :

L’antiracisme est devenu fou et on est en train de tisser une sorte de signe d’équivalence entre la croix gammée et la croix de Lorraine, on fait rôtir De Gaulle dans l’enfer du racisme avec le fondateur du Ku Klux Klan voire avec Adolphe Hitler. Il faut arrêter ce genre de discours, c’est absurde !

Je ne fais pas de Nadine Morano une victime mais je constate que l’antiracisme est assoiffé toujours d’un nouveau gibier.

Dans l'émission On n'est pas couché le 27 septembre, Nadine Morano avait expliqué que "pour conserver la cohésion nationale" de la France, il fallait "garder un équilibre dans le pays, c'est-à-dire sa majorité culturelle". Elle avait alors utilisé à plusieurs reprises la notion de "race blanche" qui fait polémique depuis :

 Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J'ai pas envie que la France devienne musulmane. (...)

Nadine Morano: "Nous sommes un pays judéo...par onpc

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