Alain Juppé a un message pour Nicolas Sarkozy et François Fillon au sujet de l'histoire de France

Publié à 14h48, le 23 septembre 2016 , Modifié à 14h48, le 23 septembre 2016

Alain Juppé a un message pour Nicolas Sarkozy et François Fillon au sujet de l'histoire de France
Alain Juppé © AFP

"Une polémique d'un autre âge". Voilà comment Alain Juppé juge les propos de Nicolas Sarkozy qui, lundi 19 septembre, à Franconville, a tenu à parler de "nos ancêtres les Gaulois", raccourci historique quelque peu inexact permettant au candidat à la primaire de la droite de mettre une nouvelle fois le paquet sur le sujet de l'identité. Raccourci car, comme l'ont démontré des historiennes, le concept de "nos ancêtres les Gaulois" remonte au XIXe siècle, à une époque où, notamment après la défaite de 1870, les dirigeants ont voulu développer le sentiment d'unité nationale. "Depuis la 3e République, on sait que ça n’est pas un roman que l’on doit raconter aux enfants, c’est l’histoire véridique telle qu’elle est [que l'on doit raconter]", a ainsi expliqué Najat Vallaud-Belkacem mardi, sur iTÉLÉ.

Alain Juppé est plutôt raccord avec la ministre de l'Éducation nationale. Dans Le Monde, ce vendredi 23 septembre, le candidat à la primaire de la droite répond aux incongruités de Nicolas Sarkozy. Interrogé sur cette tentation d'une partie de la droite de revenir à un "roman national", l'ancien Premier ministre rétorque :

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Pour moi, l’histoire n’est pas un roman, c’est une science humaine, donc pas forcément exacte, mais c’est une science. Ce n’est certainement pas aux responsables politiques d’écrire l’histoire. Laissons ça aux historiens.

 

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"Laissons ça aux historiens", et donc pas aux politiques tel Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État n'est cependant pas le seul à vouloir de mêler de l'apprentissage de l'histoire. "Si je suis élu président de la République, je demanderai à trois académiciens de s'entourer des meilleurs avis pour réécrire les programmes d'Histoire avec l'idée de les concevoir comme un récit national", avait ainsi lancé François Fillon, estimant par exemple que la France n'était pas coupable "d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord". D'autres parlent de colonisation.

Cette idée de "récit" ou de "roman" ne sied donc guère à Alain Juppé. Celui-ci veut plutôt poursuivre son objectif, celui de "l'identité heureuse". "Je mesure parfaitement les difficultés et les peurs des Français. Mais je n’en démordrai pas, je ne serai pas un prophète de malheur. Je veux donner aux Français une espérance dans l’avenir. L’identité heureuse n’est pas un constat, c’est un objectif", dit-il encore au Monde.

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