Alain Juppé demande que cesse "cette espèce d’obsession anti-Bayrou"

Publié à 09h43, le 25 octobre 2016 , Modifié à 09h43, le 25 octobre 2016

Alain Juppé demande que cesse "cette espèce d’obsession anti-Bayrou"
© YOHAN BONNET / AFP

Alain Juppé veut bien coller à son image d’homme froid, mesuré. Mais le maire LR de Bordeaux sait aussi s’agacer, par exemple lorsqu’une thématique est accaparée par le clan de son principal adversaire à la primaire de la droite. Cela fait bientôt une semaine que Nicolas Sarkozy et ses soutiens s’en prennent violemment à François Bayrou (qu'ils accusent "d'opportunisme"). Le maire MoDem de Pau se présentera à la présidentielle si Alain Juppé, qu’il soutient, est battu à la primaire.

Ce mardi 25 octobre sur France Inter, Alain Juppé est interrogé sur la composition de son futur gouvernement. "Je prendrai des ministres compétents, honnêtes et loyaux - j’en prends évidemment l’engagement", promet-il. Mais quand survient le nom de François Bayrou, le premier édile bordelais s’emporte :

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Ça suffit avec François Bayrou ! Cette espèce d’obsession anti-Bayrou, ça commence à bien faire ! Pourquoi est-ce qu’on a créé l’UMP - et j’ai été son Président-fondateur ? Pour rassembler les gaullistes, les libéraux ET les centristes. Et ça a marché ! Malheureusement, ça a explosé en vol en 2012, hélas, à cause de la dérive trop droitière de la campagne de 2012. Et ils sont partis. Ils ont constitué l’UDI. Eh bien moi, je veux les ramener à nous. Je veux que l’ensemble de ceux qui respectent les valeurs républicaines de la droite et du centre puissent se retrouver parce que nous aurons besoin de ce rassemblement demain.

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Et bim. Alain "droit dans ses bottes" Juppé maintient qu’il gouvernera avec une majorité large, après avoir reçu notamment le soutien de 600 élus centristes. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac fait comprendre que ce rassemblement est d’ailleurs inscrit dans l’ADN du parti qu’il a cofondé en 2002, l’UMP, renommé depuis Les Républicains. Et condamne a posteriori la campagne trop droitière de Nicolas Sarkozy en 2012, à l’origine de l’explosion du parti.

Quant à l’accusation fréquente des sarkozystes, à savoir que François Bayrou est responsable de la défaite de la droite en 2012, Alain Juppé rétorque que sa formation politique a soutenu l’opposant socialiste à Pau en 2008. 1 partout, semble-t-il dire :

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Je vous rappelle qu’en 2008, c’est un moment très glorieux pour certains, nous avons soutenu dans l’élection municipale à Pau une liste socialiste dissidente qui s’est maintenue au deuxième tour, qui a fait battre François Bayrou et élire un maire socialiste. Alors ne donnons pas de leçon dans ce domaine à qui que ce soit. Je n’ai pas à prouver le choix de François Bayrou en 2012. Ce n’était pas mon choix. J’ai voté Nicolas Sarkozy et je ne le regrette pas. Aujourd’hui il est clairement en faveur de l’alternance, on ne va pas commencer à excommunier les uns et les autres. Quand on veut rassembler, on ne commence pas par se séparer de ceux qui veulent nous rejoindre.

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Huit jours plus tôt, Alain Juppé avait été plus diplomate en demandant à sa formation de "tourner la page" du vote Hollande de François Bayrou en 2012. Sans succès. Du coup, dans l’espoir que ce soit plus efficace, il tente le petit coup de gueule matinal.





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