Alliance droite-centre : Alain Juppé évoque l'idée d'un "rassemblement autour de Macron"

Publié à 18h34, le 15 novembre 2017 , Modifié à 18h49, le 15 novembre 2017

Alliance droite-centre : Alain Juppé évoque l'idée d'un "rassemblement autour de Macron"
Alain Juppé © AFP
Image Etienne Baldit


Il a démenti être en train de réfléchir à des "listes communes" avec le parti d'Emmanuel Macron pour les européennes de 2019, mais n'a pas contesté avoir évoqué l'opportunité d'un "grand mouvement central"  pour ce scrutin européen. Et s'il a tempéré ses propos rapportés par Sud Ouest ce week-end, Alain Juppé semble remettre une pièce dans la machine, auprès du Point mercredi 15 novembre. "Je ne suis pas En marche, mais je ne suis pas non plus immobile. Disons que je suis en mouvement...", glisse-t-il notamment à l'hebdomadaire, ce qui devrait relancer le débat sur sa proximité avec le chef de l'État et son mouvement.

Les Républicains organisent en ce moment l'élection de leur nouveau président (très probablement Laurent Wauquiez) mais le maire de Bordeaux n'a pris position pour aucun candidat, pas même son ancien lieutenant Maël de Calan. Figure de la droite modérée, l'ancien Premier ministre n'en scrute pas moins très attentivement cette compétition interne, qui met aux pièces une ligne centro-compatible et une autre plus droitière. Et livre cette analyse sur l'union de la droite et du centre, plus que jamais indispensable à ses yeux :

Pour certains, on a besoin d'une droite-droite : ouvrir au centre, c'est faire le jeu du Front national. Pour d'autres, on n'a jamais gagné sans une alliance de la droite et du centre. C'est ce qui nous avait conduits à créer l'UMP en 2002 avec Jacques Chirac. Le débat est toujours d'actualité. Quand la droite se droitise, elle banalise les idées du Front national, et banalise l'extrême droite. C'est ce qui se passe en Pologne. Je considère pour ma part que la bonne stratégie est d'ouvrir la porte. Mais autour de qui se fédérer ? Voilà la question. En marche ! n'est pas un parti politique, mais une organisation sans sol. Le rassemblement peut se faire autour d'Emmanuel Macron… ou de quelqu'un d'autre comme Édouard Philippe, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse.

Alain Juppé prend donc soin de mentionner son fils spirituel et actuel Premier ministre, tout comme les président.e.s LR des régions Hauts-de-France et Île-de-France, comme potentiels "rassembleurs" de la droite et du centre. Comme pour ne pas être accusé d'avoir uniquement pensé à Emmanuel Macron. Mais c'est bien de lui-même qu'il évoque une possible union autour du chef de l'État, ce qui confirme ses propos relayés par Sud Ouest samedi. Le finaliste malheureux de la primaire LR de 2016 disait alors, au sujet de ce fameux "grand mouvement central" : 

La question est de savoir qui en prendra le leadership. Mais si Macron reste dans la ligne de son discours à la Sorbonne, je ne vois pas d’incompatibilité.

On comprend aussi de ses nouveaux propos au Point que le maire de Bordeaux ne pense pas Laurent Wauquiez capable de mettre sur pied ce rassemblement de la droite et du centre qu'il appelle de ses voeux, malgré toutes les déclarations de bonnes intentions du futur patron de Les Républicains. Mais il affirme aussi, toujours plus prudent, n'être ni pro-Macron ni anti-Wauquiez :

Je ne tends pas la main et je ne cherche pas à faire barrage. Ce qui m'intéresse, c'est le débat d'idées.

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