Alliance Insoumis/communistes pour les élections corses : le porte-parole du PCF accuse Jean-Luc Mélenchon de "s'attaquer aux forces progressistes"

Publié à 17h39, le 10 novembre 2017 , Modifié à 17h43, le 10 novembre 2017

Alliance Insoumis/communistes pour les élections corses : le porte-parole du PCF accuse Jean-Luc Mélenchon de "s'attaquer aux forces progressistes"
Jean-Luc Mélenchon et Olivier Dartigolles. © Montage le Lab via AFP
Image Loïc Le Clerc




  • C'est quoi ces élections en Corse ?

Les 3 et 10 décembre prochains, en Corse, se tiendront des élections territoriales. Elles sont le préalable à la création de la collectivité territoriale unique (CTU), fusion entre la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et les deux conseils départementaux. Ainsi, le 1er janvier 2018, la Corse ne sera plus dotée que d'une Assemblée territoriale, que les nationalistes corses devraient facilement dominer, leur coalition ayant déjà obtenu 47% aux régionales de 2015.

Pour ces élections, huit listes ont été déposées, dont une liste commune entre les groupes locaux du PCF et de La France insoumise.



  • Mélenchon, pas content

Cette alliance en mode "Front de gauche 2012" n'est pas pour plaire à l'Insoumis en chef Jean-Luc Mélenchon. Sur son blog, le 7 novembre, le patron des députés LFI écrivait :

Je déplore que la liste du PCF et des anciens communistes en Corse joue une misérable usurpation de notre sigle. Car oui, une fois de plus, cette méthode de l’usurpation d’identité est utilisée. Il s’agit de cette façon de nous 'obliger à soutenir la liste' comme le confient les manipulateurs aux représentants du journal du PCF, L’Humanité. Cette pauvre tambouille tourne le dos à toutes les grandes questions qui se posent en Corse à partir du vote des législatives. J’admets que le PCF et ses alliés fassent leur liste. C’est bien leur droit le plus strict. Mais pourquoi vouloir faire croire que 'La France insoumise' en est partie prenante comme l’a déclaré le porte-parole du PCF au nom de la direction de ce parti, aggravant par une nouvelle provocation le divorce déjà consommé entre nous ? C’est une fois de plus une détestable méthode. Je crois que les électeurs en Corse sanctionneront cette façon de tenter de les duper. Pour ma part, refusant cet enfermement lamentable, je rencontrerai bientôt les députés autonomistes Corse pour échanger avec eux et comprendre leur démarche.

Le 4 septembre, déjà, Jean-Luc Mélenchon désapprouvait cette liste commune PCF-LFI, martelant : " Je ne soutiens pas cette initiative et condamne cette tambouille".



  • Le PCF contre-attaque

Il va sans dire que chez les communistes, on apprécie peu la réaction indignée de Jean-Luc Mélenchon. Ce vendredi 10 novembre, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a posté sur sa page Facebook sa réponse :

Au moment où Macron est engagé dans une entreprise de démolition de très grande ampleur, est-il nécessaire de s'attaquer aux forces progressistes ? [...] On ne doit jamais craindre la démocratie. En Corse, les insoumis ont décidé d'une liste de large rassemblement avec le PCF, Ensemble ! et Manca Alternativa. Face au néo-bonapartisme du nouveau pouvoir, le chemin à prendre est celui du respect de toutes les composantes.

Des tensions entre LFI et le PCF, ça n'est pas vraiment nouveau. En septembre dernier, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, évitait de se rendre à la manifestation organisée par LFI. Quelques jours plus tôt, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s'arrangeait pour ne pas être présent pour la Fête de l'Huma. Des tensions accumulées qui actent le divorce entre les deux principales forces de la gauche radicale.

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