Après avoir dîné avec Emmanuel Macron, François Bayrou en conclut que c'est "un hologramme"

Publié à 15h40, le 22 septembre 2016 , Modifié à 15h40, le 22 septembre 2016

Après avoir dîné avec Emmanuel Macron, François Bayrou en conclut que c'est "un hologramme"
François Bayrou © AFP
Image Etienne Girard

Etienne Girard

Deux hommes pour un même créneau politique, cela fait souvent un de trop. Mais ça n'empêche pas de dîner ensemble. Ainsi Emmanuel Macron et François Bayrou se sont-il rencontrés le 9 juillet à Pau (Pyrénées-Atlantiques) pour partager un repas, rapporte Le Point de ce jeudi 22 septembre. C'était d'ailleurs la première entrevue entre les deux hommes.

Le charme légendaire de l'ex-ministre de l'Économie a-t-il agi avec le maire de Pau ? Pas vraiment. François Bayrou raconte en effet être reparti très déçu de ce rendez-vous  avec le probable futur candidat à l'élection présidentielle de 2017 :

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C'est un hologramme. Peut-être dans quinze ans, quand il aura vécu ce qu'il doit [vivre], Macron sera prêt, mais pour l'instant il n'y a rien.

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A travers ce constat pour le moins sévère, François Bayrou tente de pointer la superficialité supposée d'Emmanuel Macron, mais aussi son manque d'expérience. Au contraire, qui peut se prévaloir de la bouteille suffisante pour se présenter en 2017 ? François Bayrou, évidemment. Avec trois campagnes présidentielles déjà à son actif, une solide expérience ministérielle et pas moins de quinze essais ou livres d'histoire à son actif, le président du Modem se considère sans doute comme un "anti-Macron" par excellence.

Il ne se prive d'ailleurs pas pour faire savoir dans les médias tout le mal qu'il pense du fondateur d'En Marche !. Le 7 septembre, François Bayrou a par exemple considéré sur BFMTV qu'Emmanuel Macron était le candidat des "forces de l'argent".

Tout ça aurait-il un lien avec le fait que l'ex-banquier de chez Rothschild se place aujourd'hui devant le président du Modem dans les sondages pour la présidentielle de 2017 ? Et que les deux hommes chassent sur les mêmes terres centristes et "anti-clivages" ? C'est ce qu'a suggéré Emmanuel Macron, selon des propos rapportés par Le Figaro du 8 septembre :

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François Bayrou considère qu'il est propriétaire d'une part de marché au centre.

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Dans sa croisade, François Bayrou a trouvé un allié surprenant en la personne... du témoin de mariage d'Emmanuel Macron, l'entrepreneur Henry Hermand. Interviewé par Le Figaro, le 19 septembre, le financeur historique de la deuxième gauche pointait alors les insuffisances en histoire politique de son grand ami :

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Il a fait apparaître Chevènement comme parrain, alors qu'il était le pire ennemi de Rocard ! Emmanuel est trop jeune pour avoir connu ces périodes, il a besoin d'être recadré sur des connaissances historiques.

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Il faut bien que jeunesse se passe.

 

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