Après Chirac en 95 et Pécresse en 2015, Patrick Stefanini est en passe de faire gagner François Fillon en 2016

Publié à 13h13, le 21 novembre 2016 , Modifié à 13h13, le 21 novembre 2016

Après Chirac en 95 et Pécresse en 2015, Patrick Stefanini est en passe de faire gagner François Fillon en 2016
Patrick Stefanini, aux côtés de son candidat François Fillon, en 2015. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

C’est un énorme paradoxe : Patrick Stefanini ne fait jamais dans la demi-mesure. Le directeur de campagne de François Fillon, arrivé largement en tête du premier tour de la primaire de la droite, a perdu TOUTES les élections auxquelles il s’est présenté et est sur le point de remporter TOUTES les campagnes qu’il a dirigées.

Le winner de la droite est un homme de l’ombre, spécialiste des missions apparemment impossibles. En 1995, il dirige la campagne présidentielle de Jacques Chirac, lâché par son camp et distancé dans les sondages par Edouard Balladur. Quelques mois plus tard, le maire de Paris entre à l’Elysée.

Rebelote vingt ans plus tard. Les élections régionales de 2015, a priori favorables à la droite, sont loin d’être gagnées en Île-de-France où Valérie Pécresse tente de reprendre la région aux socialistes face à Claude Bartolone. Une fois encore, pour cette mission difficile, Valérie Pécresse le prend lui, Patrick Stefanini, énarque et préfet de formation comme directeur de campagne, et crée l’exploit.

Un an plus tard cette fois-ci, ce "sorcier" des campagnes électorales rejoint l’équipe de François Fillon pour diriger la campagne de l’ancien Premier ministre pour la primaire. Un temps quatrième homme derrière le duo de favoris Juppé et Sarkozy mais aussi derrière Bruno Le Maire, François Fillon finira par une remontada qui entrera dans les annales. A la manœuvre de ce retournement surprise de situation, encore Patrick Stefanini.

Alain Juppé doit se mordre les doigts d’avoir vu partir celui qui était l’un de ses fidèles, et son ancien directeur de cabinet adjoint à Matignon en 1995. Il rejoindra François Fillon en 2012 après la défaite présidentielle de Nicolas Sarkozy, devenant secrétaire général du microparti de l’ancien Premier ministre, Force républicaine. "Lorsque j’ai pris ma décision, il y a un an environ, Alain Juppé, focalisé sur les municipales de Bordeaux, n’avait pas encore arrêté sa position pour la primaire, contrairement à François Fillon", confiait-il à Paris Match en mai 2015, ajoutant : 

"

Il n’a d’ailleurs pas cherché à me retenir. Mais nous avons gardé de très bons rapports.

"

Bien mal lui en a pris.

Entre temps, il a été, en mai 2005, "à la tête du comité interministériel de contrôle de l'immigration", rappelle Wikipedia. Ensuite, toujours selon l’encyclopédie en ligne, "il est l'un des artisans de la création en mai 2007 du nouveau ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire" dont il deviendra le secrétaire général et "ministre de l’immigration de l’ombre", selon les mots de Mediapart.

Enfin, il faut noter qu’il a failli retenter lui-même sa chance électorale aux régionales de 2004. Mais sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris (comme Alain Juppé) l’a contraint à y renoncer.

Du rab sur le Lab

PlusPlus