Après le recadrage de l’imam de Saint-Étienne-du-Rouvray, Bayrou maintient ses propos sur les liens entre la mosquée et les candidats au djihad

Publié à 12h15, le 28 juillet 2016 , Modifié à 12h15, le 28 juillet 2016

Après le recadrage de l’imam de Saint-Étienne-du-Rouvray, Bayrou maintient ses propos sur les liens entre la mosquée et les candidats au djihad
© FRED TANNEAU / AFP

Après l’assassinat du prêtre Jacques Hamel mardi 26 juillet, le président du MoDem avait déclaré qu’"il y avait [à Saint-Étienne-du-Rouvray, ndlr] une mosquée salafiste, une communauté fanatisée, à l'intérieur de laquelle figuraient des personnes parties en Syrie, dont l'assassin qui avait tenté d'y aller". Le maire de Pau expliquait en outre que "laisser sans surveillance dans les alentours immédiats un édifice religieux, chrétien, n'aurait pas dû être possible". Ce qui est faux puisque l’église dans laquelle l’attentat a été commis n’est pas celle voisine de la mosquée.

Toujours est-il que l’imam de Saint-Étienne-du-Rouvray, Mohammed Karabila n’a pas goûté ces accusations. "C'est à vomir", a déclaré, éberlué, le président du comité régional du culte musulman mercredi devant la presse :

D'où tient-il ces informations ? Puisqu'il prétend diriger les Français, qu'il ait au moins la correction de se renseigner auprès des autorités. [...] On passe nos journées, nos soirées à prêcher le vivre-ensemble. Ça me donne envie de démissionner et de rentrer chez moi. [...] Et comment peut-il dire que la communauté est radicalisée ? Aucune mosquée n'a été perquisitionnée ici. On a construit la mosquée avec nos propres moyens, on paie notre imam nous-mêmes pour éviter ça. Vous croyez qu'on va laisser une brebis venir nous salir ? [...] La mosquée est vidéosurveillée. Que Bayrou vienne me demander les bandes et il me montrera nos fidèles radicalisés.

Ce jeudi sur Europe 1, François Bayrou ne s’est pas dégonflé, et a maintenu ses propos en s’appuyant sur des "articles" de presse :

Si ce que dit le responsable de la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray est vrai, personne n’en sera plus heureux que moi. Il y a des dizaines de journaux qui ont dans des articles décrit ce qui, à Saint-Étienne-du-Rouvray, était prouvé et soupçonné par les services puisque c’est à Saint-Étienne-du-Rouvray que se retrouvaient dans une mosquée ou une salle de prière des candidats au jihad.

Le patron du MoDem semble en outre avoir pris la provocation de Mohammed Karabila pour une invitation : "J’ai dit que je rencontrerais volontiers ce monsieur, qui dit d’ailleurs qu’il va me rencontrer aussi, donc tout ça est très bien". Le triple candidat à la présidentielle a ensuite exhorté les "musulmans de France" à "veiller à écarter ou à signaler des comportements qui leur paraîtraient dangereux, partant du principe que "l’essentiel est à faire au sein de la communauté musulmane".

Du rab sur le Lab

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