Archives : Quand Édouard Philippe n'était pas franchement sympa avec Emmanuel Macron

Publié à 15h02, le 15 mai 2017 , Modifié à 15h02, le 15 mai 2017

Archives : Quand Édouard Philippe n'était pas franchement sympa avec Emmanuel Macron
Édouard Philippe © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Image Sylvain Chazot


PASSION ARCHIVES - Édouard Philippe vient à peine d'être nommé Premier ministre, ce lundi 15 mai.  Et voilà que déjà ressortent de vieilles archives et notamment cette tribune écrite en janvier 2017 dans Libération et dans laquelle le nouveau chef du gouvernement n'était pas tendre avec le nouveau Président.

Petit retour en arrière : nous sommes en janvier 2017, quelques jours avant que Le Canard Enchaîné ne dévoile ses premières informations sur Pénélope Fillon. Édouard Philippe, ancien lieutenant d'Alain Juppé lors de la primaire de la droite, soutient désormais François Fillon. Et donc s'attaque à ses adversaires, en particulier Emmanuel Macron.

Le 18 janvier, le maire LR du Havre consacre donc sa tribune hebdomadaire dans Libé au candidat d'En Marche ! Et cela ne commence pas très gentiment. Voici les premières lignes de son texte :



Qui est Macron ? Pour certains, impressionnés par son pouvoir de séduction et sa rhétorique réformiste, il serait le fils naturel de Kennedy et de Mendès France. On peut en douter. Le premier avait plus de charisme, le second plus de principes.

La suite n'est pas franchement plus amicale. Revenant sur la comparaison maintes fois faite entre Emmanuel Macron et Brutus, qui participa à l'assassinat de César sur le marbre du Sénat de Rome. Une comparaison validée par Alain Juppé mais rejetée par Edouard Philippe. "Mais Brutus, homme d’action, dresse son bras vengeur tandis que Macron, banquier technocrate, est 'en marche'. En latin on dit ambulans, chacun en déduira ce qu’il veut…", écrit l'élu LR, ne manquant donc pas de désigner Emmanuel Macron comme un "banquier".

Ce n'était pas suffisant. Edouard Philippe en rajoute, estimant qu'Emmanuel Macron "se présente en tribun adepte d’un populisme désinvolte" et qu'il "n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier".  "De quoi restera-t-il le nom ? D’une révolution manquée ou d’une victoire éclair ? D’une trahison misérable ou d’une ambition démesurée ? Personne ne peut le dire aujourd’hui", se questionnait-il enfin.

On a vu lettre de motivation mieux tournée.

Et puis que dire de ce tweet datant d'août 2014 et exhumé par plusieurs internautes ?



Mais soyons un peu honnêtes : ses critiques envers le candidat d'En Marche ! étaient néanmoins plus mesurées que la plupart de celles de son camp. "Il y a deux Macron. Celui des discours - avec lequel je suis souvent d'accord -, et il y a le Macron des actes (...) dont on ne peut pas dire qu’il ait fait des choses considérables", confiait-il ainsi à L'Opinion.

De fait, les deux hommes s’apprécient et partagent des valeurs communes, notamment sur l’Europe. En 2016, cité par le JDD, il reconnaissait à propos de celui qui était alors ministre de l’Économie :

Macron pense à 90% la même chose que moi.

Ce qui n'est pas plus mal pour former, ensemble, le nouveau couple exécutif. Et "transgresser", comme Edouard Philippe l'écrivait en mai dans Libération. "Son chemin sera étroit. Et risqué. On imagine mal le fameux 'système' se laisser faire", concluait-il.

Du rab sur le Lab

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