Attaques à Paris : François Hollande annonce l'état d'urgence et la fermeture des frontières

Publié à 23h57, le 13 novembre 2015 , Modifié à 14h56, le 14 novembre 2015

Attaques à Paris : François Hollande annonce l'état d'urgence et la fermeture des frontières
François Hollande, vendredi 13 novembre 2015 © CHRISTELLE ALIX / PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE / AFP
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Plusieurs attaques particulièrement meurtrières ont eu lieu à Paris et à proximité du Stade de France (Saint-Denis), vendredi 13 novembre au soir. Le dernier bilan fait état de 128 morts et 300 blessés dont 80 en "urgence absolue". Au moins trois fusillades ont eu lieu, dans les 10e et 11e arrondissements de la capitale. Trois explosions ont également eu lieu aux abords du Stade de France (où se jouait le match amical de football France-Allemagne). Ces attaques coordonnées et simultanées ont eu lieu en six points différents.

François Hollande a pris la parole peu avant minuit, juste avant un conseil des ministres exceptionnel. Il a annoncé que deux décisions allaient être prises dans les prochaines minutes : la mise en place de l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire français, ainsi que la fermeture des frontières.

Le président a expliqué :

Au moment où je m’exprime, des attaques terroristes d’une ampleur sans précédent sont en cours dans l'agglomération parisienne. Il y a plusieurs dizaines de tués, beaucoup de blessés, c’est une horreur. Nous avons sur ma décision mobilisé toutes les forces possibles pour la neutralisation des terroristes et la mise en sécurité de tous les quartiers concernés. J'ai demandé qu’il y ait des renforts militaires, ils sont en ce moment sur l’agglomération parisienne.

J’ai également convoqué le conseil des ministres. Deux décisions seront prises. L'état d’urgence sera décrété, ce qui veut dire que certains lieux seront fermés, la circulation pourra être interdite, des perquisitions pourront être décidées dans toutes les villes de France. L'état d'urgence, lui, s'appliquera sur l'ensemble du territoire. L'autre décision est la fermeture des frontières. Afin de s'assurer que personne ne pourra rentrer pour commettre quelque acte que ce soit et que ceux qui ont commis ces crimes puissent être appréhendés.

C'est une terrible épreuve qui une nouvelle fois nous assaille.

Précisant que "nous savons qui sont" les auteurs de ces actes, il a également dit :



Ce que les terroristes veulent, c'est nous faire peur, nous saisir d'effroi. Il y a de quoi avoir peur, il y a l'effroi. Mais il y a face à l'effroi une Nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces, et qui une fois encore saura vaincre les terroristes.



Nicolas Sarkozy s'est montré solidaire avec François Hollande, faisant savoir qu'il soutenait les mesures prises dans l'urgence par le chef de l'État.

"L'état d'urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire [...] soit en cas de péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public, soit en cas d'événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique", prévoit la loi française

Selon l'article 5 de la loi du 3 avril 1955 (modifiée depuis), "la déclaration de l'état d'urgence donne pouvoir au préfet dont le département se trouve en tout ou partie compris dans une circonscription [concernée par l'état d'urgence]" :

1° D'interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté ;

2° D'instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ;

3° D'interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics.

Cette mesure est décidée par décret en Conseil des ministres. "Ce décret détermine la ou les circonscriptions territoriales à l'intérieur desquelles il entre en vigueur. Dans la limite de ces circonscriptions, les zones où l'état d'urgence recevra application seront fixées par décret. La prorogation de l'état d'urgence au-delà de douze jours ne peut être autorisée que par la loi", ce qui implique un vote du Parlement, prévoit encore la législation française.

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