Attaques des vallsistes : le camp Hamon menace de saisir la Haute autorité si Cambadélis ne réinstaure pas un "climat serein"

Publié à 06h46, le 25 janvier 2017 , Modifié à 07h37, le 25 janvier 2017

Attaques des vallsistes : le camp Hamon menace de saisir la Haute autorité si Cambadélis ne réinstaure pas un "climat serein"
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Image Amandine Réaux


On sent Manuel Valls et ses soutiens un tout petit peu tendus depuis dimanche 22 janvier, soir du premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, lors duquel l’ex-Premier ministre est arrivé deuxième derrière Benoît Hamon. Les attaques pleuvent à l’endroit du favori du scrutin.

Sauf que tout cela rend quasi impossible un rassemblement à l’issue du second tour dimanche prochain, explique Mathieu Hanotin. Dans une lettre du 24 janvier adressée au Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, et que Le Lab a pu consulter, le directeur de campagne de Benoît Hamon exige la réinstauration d’un "climat serein et apaisé dans [les] débats de la primaire". En cause : des "dérapages [...] totalement inacceptables". Il écrit :



Cher Premier secrétaire, cher Jean-Christophe,

Je m’adresse à toi ce soir pour te demander instamment d’intervenir afin de maintenir un climat serein et apaisé dans nos débats de la primaire. Nous pouvons collectivement nous féliciter de la bonne tenue de ceux-ci avant le premier tour. Malheureusement, à peine cette dernière semaine de campagne commencée, nous assistons à des dérapages qui me semblent totalement inacceptables car ils mettent en péril le nécessaire rassemblement au lendemain de la primaire.


Et l’équipe Hamon de citer plusieurs attaques émanant du camp Valls : Malek Boutih qui "accuse Benoît Hamon d’être dans une 'dérive identitaire' et de 'justifier des comportements anti-républicains'", ou encore ce ministre vallsiste cité anonymement dans Libération et selon qui le favori du scrutin est le "candidat des Frères musulmans". Selon Mathieu Hanotin, "ces propos font résonner des arguments portés habituellement par l’extrême droite". Il déroule :



Ces 'sorties de route' installent un climat nauséabond jusqu’ici étranger à la campagne.

Même s’il ne s’agissait que de dérapages individuels et non d’une stratégie concertée de la part de l’équipe de campagne de Manuel Valls, ces propos n’en seraient pas moins scandaleux et condamnables.

En tout état de cause, ces propos constituent manifestement une violation de la charte éthique des Primaires [sic] signée par l’ensemble des candidats.


Sans intervention de la part de Jean-Christophe Cambadélis, Mathieu Hanotin menace de "saisir formellement la Haute autorité".

Ambiance, à quelques heures du débat d’entre-deux tours.

Voici l'intégralité du courrier :

  Lettre à Jean-Christophe Cambadélis by Amandine Réaux on Scribd







[BONUS TRACK]

Les attaques des vallsistes réjouissent en tout cas Pascal Cherki. Le député hamoniste de Paris s'est félicité, auprès du Figaro, que Manuel Valls "parte en vrille" à la manière de Nicolas Sarkozy :



Valls est en train de parti en vrille à faire son Nicolas Sarkozy. Il s'énerve, il est brutal. Il manque de sérénité et lance des invectives à tout va... Tout ce que nos électeurs détestent. On va le laisser faire, ça va nous faire monter.

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