Attentat à Nice : le président de la commission d'enquête sur les attentats sidéré de n'avoir pas été entendu par l'exécutif

Publié à 08h41, le 15 juillet 2016 , Modifié à 16h46, le 15 juillet 2016

Attentat à Nice : le président de la commission d'enquête sur les attentats sidéré de n'avoir pas été entendu par l'exécutif
Le député LR Georges Fenech. © DOMINIQUE FAGET / AFP

Georges Fenech vient de rendre les conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats qu’il a présidée. Dénonçant des "aberrations" relevées pendant ces cinq mois d’auditions, le député LR a formulé, avec son collègue socialiste Sébastien Pietrasanta, une série de propositions : clarifier le rôle des forces d’intervention, renforcer le rôle de la DGSI, utiliser les services territoriaux, créer une Agence nationale de lutte contre le terrorisme, renforcer le renseignement pénitentiaire et redéfinir l’opération Sentinelle. Ces mesures sont détaillées par Le Figaro du 5 juillet.

Alors qu’un nouvel attentat a eu lieu après les festivités du 14 juillet à Nice, faisant au moins 84 morts, Georges Fenech a immédiatement réagi sur Twitter :

Au lendemain de l’attaque terroriste, interrogé sur BFMTV, le député LR a exprimé son choc de n'avoir pas été suffisamment entendu par l'exécutif. Georges Fenech a pointé le manque d’efficacité de l’état d’urgence ainsi que de l’opération Sentinelle :

C’est un état de sidération totale. On ne peut que s’incliner devant la douleur des victimes et de leur famille et s’interroger maintenant sur ce que nous devons faire. J’ai bien entendu le président de la République et le ministre de l’Intérieur.



Nous, commission d’enquête, nous avons remis notre rapport cette semaine avec 40 propositions. Je souhaite véritablement que nous soyons entendus parce que nous avons une expertise unique après une enquête unique faite en France et à l’étranger. Nous avons demandé à remettre notre rapport au président de la République et au Premier ministre, mais nous n’avons pas eu de réponse.



M. Cazeneuve nous avait fait une réponse qui nous avait quelque peu choqué, je dois le dire. Ensuite, nous avons vu le ministre de l’Intérieur à un petit-déjeuner, qui nous a tout de même rassurés sur l’écoute qu’il avait sur notre travail.



J’entends aujourd’hui l’annonce de quelques mesures par le président de la République, notamment l’état d’urgence. Mais on voit bien que l’état d’urgence, qui est en ce moment appliqué, n’empêche pas ces actions. Il nous annonce aussi un renforcement de Sentinelle. Notre rapport pose la question de la pertinence de la force Sentinelle. Souvenez-vous qu’elle était présente devant le Bataclan et qu’aucun ordre ne lui a été donnée pour ouvrir le feu. Tout ça nous paraît être en-deçà de ce que nous devons faire aujourd’hui. Il faut véritablement passer à la vitesse supérieure.

 

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, le chef de l’Etat a annoncé la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, ainsi que le maintien à un haut niveau de l’opération Sentinelle.

[EDIT 10h]

Sur iTélé, Georges Fenech a dit ne plus vouloir "entendre parler d'union nationale" et dénoncé le manque de moyens de la France pour lutter contre Daech :

Je ne veux plus entendre parler d’union nationale. Qu’on me critique, qu’on puisse me dire que c’est de la récupération politique, je l’assume totalement. C’est un devoir aujourd’hui de parler aux Français, leur dire que notre pays n’est pas armé contre le terrorisme islamiste. Je le dis très clairement, quoi que ça puisse coûter politiquement.

[EDIT 12h15]

Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé sur Twitter les propos de Georges Fenech. Le Premier secrétaire du PS a estimé que le député LR avait commis une "faute morale et politique" en polémiquant :

[EDIT 16h40]

Le rapporteur PS de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats Sébastien Pietrasanta a tenu des propos plus modérés envers l'exécutif. "Qui est capable de donner une mesure qui aurait pu empêcher l’attaque de Nice ?", a-t-il questionné lors d'une interview à L'Opinion. Le député des Hauts-de-Seine estime que, dans le cas de passages à l'acte individuels, il est "extrêmement compliqué" de prévenir un attentat.

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