Attentat de Nice : Jean-François Copé pointe subtilement les responsabilités de Nicolas Sarkozy

Publié à 07h12, le 19 juillet 2016 , Modifié à 07h12, le 19 juillet 2016

Attentat de Nice : Jean-François Copé pointe subtilement les responsabilités de Nicolas Sarkozy
Jean-François Copé © AFP

Si certains l'avaient peut-être oublié, d'autres se sont chargés de leur rappeler : il y a aura bien, d'ici quelques mois, une primaire de la droite au cours de laquelle sera désigné le candidat du parti Les Républicains pour l'élection présidentielle de 2017. Les réactions post-attentat de Nice, au cours duquel 84 personnes ont été tuées, l'ont illustré : en lieu et place de l'union nationale, tout n'a été qu'affrontements, accusations, dénonciations, y compris au sein d'un même parti.

Ce mardi 19 juillet, c'est au tour de Jean-François Copé d'entrer dans la danse. Interrogé par Le Figaro, l'ancien président de l'UMP formule, comme tous les autres ambitieux, ses propositions pour lutter contre le terrorisme. Le député-maire de Meaux veut par exemple créer "une Agence technologique de renseignement, une NSA à la française". Il veut également mettre en place "une rétention antiterroriste 'préalable' de 150 jours, sur le fondement des informations fournies par les services de renseignements et sous le contrôle du juge judiciaire", détaille-t-il.

Jean-François Copé profite également de l'espace qui lui est offert pour dénoncer le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité. Subtilement, certes. L'élu LR estime par exemple qu'un attentat comme celui de perpétré à Nice le 14 juillet aurait pu être anticipé. Voici ce qu'il dit :

-          Le Figaro : Peut-on 'anticiper' des événements comme celui de Nice ?



-          Jean-François Copé : Oui, à condition de mettre en place une politique radicalement nouvelle en matière de renseignement. Depuis dix ans, c'est notre maillon faible, à cause de la suppression de la police de proximité, des Renseignements généraux, de la multiplicité et de la concurrence des services et de l'absence d'accès à des fichiers croisés.

De ce point de veut, on comprend pourquoi Jean-François Copé veut créer une "NSA à la française". Sauf que cet état de fait dénoncé par l'élu LR est la résultante de la politique de Nicolas Sarkozy.

La police de proximité, instaurée en 1998 par le gouvernement de Lionel Jospin, a ainsi été supprimée en 2003 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et son ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy. En 2005, au dans Le Monde, ce dernier avait dénoncé une "conception hémiplégique de la police de proximité" par la gauche. "Je considère que le rôle de la police n'est pas de faire de l'animation sportive. J'ai préféré remobiliser les forces de sécurité sur leur cœur de métier, renforcer leurs moyens d'action, et remettre les victimes au centre de leur mission", avait-il déclaré.

La suppression des Renseignements généraux est aussi à mettre à l'initiative de Nicolas Sarkozy. En 2008, les RG avaient fusionné avec la DST pour former la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI). Les effectifs avaient été répartis dans différentes administrations.

Ces suppressions décidées par Nicolas Sarkozy ministre ou président ne sont pas les seules à avoir nui, selon Jean-François Copé, à la lutte contre le terrorisme. En débat depuis l'attentat de Nice, l'arrêt de la double-peine est aussi visé par le candidat à la primaire de la droite. Et quand on lui demande si Nicolas Sarkozy "a eu tort" de la supprimer, il répond : "hélas, oui."

"L'interdiction du territoire français doit devenir la peine principale pour certains délits et crimes commis par des étrangers, qu'il faut expulser aussitôt après leur jugement. Cette proposition est majeure et fera partie, si je suis élu, d'une politique d'exécution des peines beaucoup plus sévère", dit-il. 

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