Attentats à Paris : c'était la journée après l'intervention de François Hollande devant le Congrès

Publié à 06h52, le 17 novembre 2015 , Modifié à 22h43, le 17 novembre 2015

Attentats à Paris : c'était la journée après l'intervention de François Hollande devant le Congrès
François Hollande à Versailles © MICHEL EULER / POOL / AFP
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EN DIRECT - Ce mardi 17 novembre sera, elle aussi, une journée marquée par le sceau de l'histoire. Mais quatre jours après les effroyables attentats de Paris, au lendemain de l'intervention de François Hollande devant le Congrès réuni à Versailles, la vie politique reprend peu à peu ses droits. 

Le Lab vous propose de suivre en direct les réactions et prises de positions politiques de ce mardi 17 novembre.

>> Ce live a été actualisé au fur et à mesure de la journée

#Le Drian annule ses meetings de campagne

Jean-Yves Le Drian est toujours ministre de la Défense. Il est également candidat aux régionales en Bretagne et sera tête de liste PS. Mais, étant donné le contexte, il a décidé d'annuler les meetings de sa campagne et de se consacrer à son rôle de ministre, comme le révèle France Bleu

#"On aurait dû éviter"

Claude Bartolone est l'invité du Grand Journal de Canal + du 17 novembre. Il est évidemment interrogé sur les perturbations qui ont eu lieu pendant la séance des questions au gouvernement. Et visiblement, le spectacle ne lui a pas plu. 





#Reprise de campagne pour Wallerand de Saint-Just

Théoriquement, la campagne pour les régionales est suspendue. Théoriquement. Oui, car en ce mardi 17 novembre, alors que le deuil national n'est pas encore officiellement terminé, Wallerand de Saint-Just, est invité de Radio Courtoisie. Non pas pour évoquer la France d'après les attentats mais bien pour parler des régionales, comme il le tweete lui-même. 





À noter qu'un autre candidat, PS cette fois-ci, a repris sa campagne : Alain Rousset, tête de liste en Aquitaine-Poitout-Charentes-Limousin.





#Lutter contre les djihadistes plutôt que contre le FN

Avant les attentats du 13 novembre, Manuel Valls avait dit vouloir "tout faire" pour empêcher le FN de gagner une région aux élections de décembre. Une prise de position reprise aujourd'hui par Marion Maréchal - Le Pen pour critiquer le Premier Ministre. Elle dit :



Combien aujourd’hui, l’énergie du Premier ministre dépensée dans la "lutte contre le Front national" apparaît décalée, pour ne pas dire minable. Tant de salive et de temps qui auraient dû être consacrés à lutter contre la véritable menace qui plane sur notre pays : l’islamisme et son pendant terroriste. 

#For the record

Lors des questions au gouvernement au Sénat (dans une ambiance BEAUCOUP plus digne qu'à l'Assemblée nationale), le sénateur LR Philippe Bas, président de la Commission des lois, interroge Manuel Valls sur ses intentions précises concernant la révision constitutionnelle annoncée par François Hollande lundi devant le Congrès. Une modification qui viserait notamment à constitutionnaliser le régime d'exception qu'est l'état d'urgence. Les réponses du Premier ministre ne le satisfont qu'à moitié et, usant de son droit de réponse, il met en garde le chef du gouvernement contre toute modification intempestive de la Constitution :



Droit debout monsieur le Premie rministre, je veux vous dire que la Constitution est le pacte fondamental qui unit tous les Français et qu'il n'en est pas de plus élevé. On ne doit la réviser que pour des raisons impérieuses. Les explications que vous venez de nous donner exigent davantage encore de précisions si vous voulez pouvoir convaincre la commission des lois du Sénat et le Sénat tout entier, qui sont naturellement disponibles pour y travailler avec vous.

Il fait ensuite un *petit rappel* des situations que l'état d'urgence a permis de solutionner par le passé, afin de signifier ses doutes quant à la nécessité de cette fameuse réforme constitutionnelle :



Je rappelle que la Constitution a permis de lutter contre les attentats de l'OAS, de faire face aux troubles en Nouvelle-Calédonie, de répondre à l'épreuve des émeutes dans les banlieues. Et je ne vois pas qu'aujourd'hui elle vous empêche de mettre en oeuvre l'état d'urgence.

#Incidents pendant les Questions au Gouvernement

Le deuil national n'est pas encore arrivé à son terme que l'attitude de certains députés lors des questions au gouvernement a déjà mis fin à l'unité nationale.

[À LIRE ICI

#Bravo Anonymous

Depuis les attentats du 13 novembre, le mouvement des hackers "Anonymous" a annoncé vouloir "traquer" Daech. Une annonce qui enchante Anne-Yvonne Le Dain, députée socialiste, qui remercie Anonymous pour leur "magnifique déclaration de guerre" contre l'État islamique. 





#Le Parti de gauche réclame une Assemblée constitutante

Après les annonces de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon avait pris ses distances sur la nécessité de modifier la Constitution. Dans une interview à Paris Match, Raquel Garrido, membre du Parti de gauche, s'est exprimée pour une Assemblée constituante "pour délibérer en profondeur et définir les fondements de notre vivre-ensemble".  





#Boutin et de Villiers : nous avions prévenu 

Sur Twitter, Philippe de Villiers parle de sa tristesse et estime qu'il avait tout prédit dans son livre. Christine Boutin le remercie, elle aussi en mode 'si on nous écoutait' :







#L'Euro maintenu

L'Euro de football se déroulera en juin prochain en France. Le ministre des Sports Patrick Kanner l'a assuré ce mardi :

L'Euro se tiendra dans des conditions de sécurité maximum, renforcées en lien avec les événements que nous venons de vivre. Mais il n'est pas question d'arrêter cette formidable fête populaire.


#Sarkozy, vous m'entendez ?  

Lors de la réunion du groupe LR à l'Assemblée, Nicolas Sarkozy a incité les députés de son parti à demander une commission d'enquête parlementaire :  





Interrogé sur cette éventualité, le chef du gouvernement, Manuel Valls remet le chef de l'opposition à sa place de non-parlementaire. A la sortie de l'Assemblée, il dit :

Le parlement jouera son rôle. Je ne suis pas parlementaire, Nicolas Sarkozy non plus. C'est au Parlement de décider, bien sûr, ce type d'enquête. Dans une démocratie, c'est très important que le Parlement contrôle l'exécutif, aide aussi les Français à comprendre ce qui s'est passé. 

#Encore

Devant l'Assemblée nationale ce mardi matin, Manuel Vall évoque les différents attentats perpétrés ou évités sur le sol français depuis le début de l'année. Il savait que ça allait arriver. Il l'avait annoncé : 

Si j'ai parfois des nuits blanches, c'est parce que je sais, je savais que ça pouvait se produire. 

#Peut-être

Nicolas Sarkozy n'est "pas opposé" par principe à la révision constitutionnelle voulue par François Hollande. L’entourage de l'ex-président, cité par l'AFP, dit : 

Il attend de voir le contenu de la réforme. [...] Il fera éventuellement des propositions pour élargir le champ de cette réforme.

#Changement

Gilbert Collard est totalement hors de contrôle depuis vendredi soir. Et ça ne s'arrange pas. Ce mardi, le député du Gard réagit au discours de François Hollande. Et il en est persuadé : le président de la République ne fait que pomper les propositions du FN . Ce qui l'étonne : 







# Tant pis pour l'Etat de droit 

Sur France Inter, Laurent Wauquiez, député LR, réitère sa proposition de placer les personnes fichées S dans des "centres d'internement" quitte à enterrer l'un des principes de l'Etat de droit : être jugé avant d'être condamné. Interrogé sur la difficulté d'interner des personnes sur des doutes et sans preuves, il dit : 

Est-ce qu'aujourd'hui, vous prenez encore ce risque ? Moi oui, clairement par rapport à votre question, je ne prends plus ce risque. Le principe que j'applique aujourd'hui est un principe de protection.

Relancé sur la fin de l'Etat de droit avec cette proposition, il persiste :   



Ce que je vous dis aujourd'hui : il n'y a pas de liberté pour les ennemis de la République. Il faut des mesures exceptionnelles.

#Minute

Olivier Faure n'a pas franchement goûté cette une de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute




Ce mardi matin, le porte parole du PS répond à Minute. Et il est clair : pour lui, l'hebdomadaire est "100% complice objectif de Daesh"





#L'arabe c'est tabou

Alain Juppé ne veut plus de prêche en arabe dans les mosquées. Invité de BFMTV, l'ex-Premier ministre a dit : 



Ce que je propose- il faut voir si c'est constitutionnel – c'est d'obligé dans les moquées françaises à prêcher en français. On est en France, on ne prêche pas en arabe. Dans les églises, on ne prêche pas en latin. On l'a fait dans l'ancien temps, on ne le fait plus. Pardon pour cette comparaison absurde.

[À LIRE ICI]

#Bye Bye, 3%

Toujours sur France Inter, Manuel Valls confirme que les engagements budgétaires de la France "seront forcément dépassés", alors que les moyens et effectifs militaires et policiers vont être renforcés après les attentats. 

[À LIRE ICI]

#Pas de critique

Sur France Inter, Manuel Valls est questionné sur les possibles défaillances des services de renseignement français et belge, alors que plusieurs des terroistes ont pu se rendre en Syrie puis rentrer en France. Le Premier ministre se refuse cependant à toute critique sur ce sujet, alors qu'il n'y a encore eu "aucune obsèque" pour les victimes :



Au moment où nous parlons, vous n'entendrez jamais dans ma bouche, ou dans celle du gouvernement, la moindre mise en cause du travail qui a été fait. [...] Nous devons nous concentrer sur l'enquête. [...] L'enquête progresse avec la discrétion nécessaire et moi, je m'en tiens à cela.

#Intérêt

Benoît Hamon applaudit le discours de François Hollande lundi à Versailles. En revanche, il n'est pas tout à fait convaincu par l'une des mesures annoncées par le chef de l'État : la possibilité de déchoir de la nationalité française "un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né Français, dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité". Invité de Public Sénat / Sud Radio ce mardi matin, Benoît Hamon juge : 



J'ai une réserve mais qui n'entame pas mon adhésion globale. Je ne vois pas le caractère dissuasif de la mesure: quand on est à ce stade de déshumanisation, je ne pense pas qu'on dise à quelqu'un : 'attention vous pourriez être déchu de votre nationalité' l'empêche de faire quoi que ce soit. 

Et le député d'expliquer que cela créerait une "barrière symbolique" entre les citoyens français, entre ceux qui ont une double nationalité et les autres. 

#Ni ni no more

Invité de RTL ce mardi, Jean-Pierre Raffarin évoque le discours de François Hollande la veille à Versailles. Un discours dont il approuve "les orientations" et notamment le rapprochement avec le Russie. Il dit : 



Il était très important d'avoir une nouvelle stratégie et de sortir du 'ni ni'. Il y avait deux pays qui étaient ambigus : la France, ni Bachar ni Daesh, la Turquie, ni Daesh ni les Kurdes. Il faut sortir de ces ambiguïtés et faire de l'État islamique l'ennemi n°1.

#Pas d'applaudissements

Quasiment tous les parlementaires ont applaudi François Hollande, lundi, à Versailles. Mais pas tous. David Douillet, par exemple, n'a pas voulu saluer le discours du président. Et il le revendique sur son blog

#Unité

Au lendemain de l'intervention de François Hollande devant le Congrès, la gauche reste, dans l'ensemble, unie derrière le président. Et ce, malgré les propositions très sécuritaires du chef de l'État. Cité par Le Parisien ce mardi, le chef de file des "frondeurs" Christian Paul se montre conciliant : 

Il y aura un débat le moment venu. Cette semaine, c'est le temps de la cohésion nationale et du deuil.



Si j'ai parfois de nuits blanches, c'est parce que je sais je savais que ça pouvait se produire. 

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