Au Québec, Marine Le Pen explique que les politiques canadiens vivent "au pays des Bisounours"

Publié à 13h56, le 22 mars 2016 , Modifié à 13h56, le 22 mars 2016

Au Québec, Marine Le Pen explique que les politiques canadiens vivent "au pays des Bisounours"
© Capture Twitter
Image Sylvain Chazot


Marine Le Pen est, en ce début de printemps, au Québec. Un déplacement, disons, compliqué pour la présidente du Front national. La cheffe frontiste a en effet  dû faire face à des manifestations de militants antifascistes, à des remarques désobligeantes de la part d'élus canadiens refusant de s'afficher avec la présidente du FN et à des annulations en série venant des hôtels où elle devait rencontrer la presse.

Un tout petit peu échaudée par ces marques de désaffection, et ce malgré des températures québécoises toujours négatives en cette fin mars, Marine Le Pen décide de montrer les crocs. Lundi 21 mars, lors de deux interviews à Radio Canada, la candidate à l'élection présidentielle pratique l'un de ses sports favoris : la critique de la classe politique. Sauf que cette fois, étant au Québec, ce sont nos cousins canadiens qui en prennent pour leur grade.

L'angle d'attaque est tout trouvé : le multiculturalisme canadien. Forcément, cette vision de la société d'un pays qui, à l'instar des États-Unis, a été fondé par des immigrés, ne plaît pas à Marine Le Pen. L'accueil médiatisé de réfugiés, mi-mars, n'arrange rien. Sur Radio Canada, elle fait donc la leçon aux politiques canadiens :

Il y a un problème fondamentaliste islamiste au Canada. Ne pas le voir, refuser de le voir, c'est à mon avis extrêmement grave. Il y a des gens qui professent, il y a des gens qui recrutent. Et le problème c'est que le pays des Bisounours dans lequel semble vivre la classe politique canadienne leur rend à mon avis le travail assez facile.

Tranquillement, Marine Le Pen estime donc que les politiques canadiens vivent "au pays des Bisounours". Une formule parfaitement assumée qu'elle redit un peu plus tard, dans une autre interview à Radio Canada, télévisée celle-ci :

Je dis qu'un certain nombre de gouvernement sont naïfs face aux problématiques de l'immigration. C'est ce que j'appelle 'le monde de Bisounours'. J'ai connu des injures plus graves quand même que celle-là.  

Et la présidente du FN d'expliquer que "le monde des Bisounours, c'est le concept qui consiste à considérer que tout va bien, que tout est merveilleux, qu'il n'y aura jamais aucun problème alors que moi je dis qu'il y a des problèmes, que ces problèmes peuvent s'aggraver, que les mêmes causes entraînent les mêmes effets". "Ça s'appelle la sagesse populaire", ajoute-t-elle en souriant.

Les arguments utilisés en France trouvent donc un écho au Canada. Et comme en quelques jours, Marine Le Pen semble être devenue une spécialiste de la vie dans la Belle Province, c'est tout naturellement qu'elle poursuit sa leçon à l'adresse des hommes et femmes politiques du Canada, dont aucun n'a voulu la rencontrer – mais elle ne leur a rien demandé, jure-t-elle.

Elle ajoute :

Très honnêtement, la classe politique canadienne me fait penser à la classe politique française d'il y a 20 ans, pleine de bons sentiments, très dans le consensus, où personne n'ose dire la vérité, personne n'ose appeler un chat un chat. Je suis peut-être leur mauvaise conscience, c'est peut-être pour cela qu'ils ne veulent pas me rencontrer. Je suis le symbole de tout ce à quoi ils se sont soumis, tout ce qu'ils ont renié dans le combat pour l'identité, pour la souveraineté.

Peu importe le lieu, l'histoire, la géographie ou le contexte géopolitique, Marine Le Pen parvient donc à user des mêmes arguments qu'en France pour critiquer la situation du pays où elle se trouve. Et s'auto-ériger ainsi en garante de l'ordre. 

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