Aulnay-sous-Bois : le gouvernement réagit (enfin) à la violente agression de Théo par des policiers

Publié à 16h54, le 07 février 2017 , Modifié à 19h22, le 07 février 2017

Aulnay-sous-Bois : le gouvernement réagit (enfin) à la violente agression de Théo par des policiers
© Capture d'écran images France 3

C’est une interpellation pour le moins violente survenue jeudi 2 février à Aulnay-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Un policier aurait "enfoncé volontairement" une matraque dans l’anus de Théo. Le jeune homme de 22 ans a raconté la scène dans un puissant témoignage diffusé mardi 7 février sur BFMTV. Depuis, la victime est toujours hospitalisée en raison de graves blessures.

La classe politique, particulièrement le gouvernement, a été très discrète depuis le début de l’affaire jusqu'à ce début de semaine. Rare exception : un communiqué dimanche 5 février de Bruno Le Roux. Le ministre de l’Intérieur réaffirmait "sa détermination à voir l’exemplarité et le respect guider en permanence l’action et le comportement des forces de l’ordre". Interpellé ce mardi 7 février par le député PS de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg, Bruno Le Roux a livré le point de vue du gouvernement, tentant de jouer l’équilibriste :

 

 

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Les faits que vous venez de décrire portent une gravité évidente. Mes premières pensées s’adressent à ce jeune garçon, Théo, à sa famille et à ses amis qui aujourd’hui souffrent de la façon dont il est hospitalisé avec de graves menaces sur son futur et de la façon dont il pourra vivre normalement. Je ne veux bien entendu ici faire aucune déclaration ni appréciation sur les conditions de l’interpellation et sur ce qu’il s’est passé, c’est aux magistrats instructeurs aujourd’hui de dire la vérité. 



Je veux vous assurer que tous les éléments ont été transmis : les éléments de vidéo, les éléments permettant de retracer cette intervention avant, pendant et après afin que la justice puisse sans délai mener l’enquête au rythme qui est le sien. 



Je suis très ferme et le gouvernement souhaite être très ferme sur ce genre de tragique événement. J’ai donc procédé à la suspension de ces quatre policiers sans attendre. 



De la même façon, je veux rappeler à leur devoir d’exemplarité tous les fonctionnaires de police et de gendarmerie. Je sais que dans beaucoup d’endroits et dans la très grande majorité des cas, je n’ai pas besoin de le faire. Mais le lien entre la population et eux est central dans le pacte républicain qui doit être nôtre aujourd’hui dans notre pays. Je souhaite que cela soit affirmé haut et fort. 



J’appelle - puisque la justice est saisie et puisqu’elle a tous les éléments - à ce que chacun appelle à la sérénité. Je ne pense pas qu’il soit de bonne politique que de mettre en cause l’Etat ou de mettre en cause la justice au nom d’une prétendue capacité à s’intéresser aux problèmes des quartiers. Je souhaite que les problèmes de nos quartiers soient traités avec la plus grande sérénité. C’est ce que nous faisons, vous et le gouvernement.

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La position mi-chèvre mi-chou du gouvernement n’a pas contenté Sandra Regol. Sur Twitter, la porte-parole d’EELV a rappelé que le ministre de l’Intérieur n’a pas évoqué dans sa réponse l’extinction de l’éclairage public mardi soir à Aulnay-sous-Bois.

 

L’ancien député socialiste de Seine-Saint-Denis n’a par ailleurs pas parlé des balles réelles tirées par des policiers lors des échauffourées entre les forces de l’ordre et les jeunes du quartier de la Rose des vents, dans la nuit de lundi à mardi.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve s’est lui aussi exprimé ce mardi depuis l’Assemblée. Il a plaidé pour "la plus grande fermeté" contre les forces de l'ordre qui se rendraient coupables de "manquements graves". Il a ajouté : "Je sais à quel point les policiers et les gendarmes sont exposés dans la lutte antiterroriste et aux violences, mais ils doivent être à chaque instant absolument exemplaires". 

Sur Twitter, le ministre de la Ville, de la jeunesse et des Sports Patrick Kanner a demandé à ce que la "justice passe" alors que les faits reprochés "sont très graves".

La veille, sur Franceinfo: Patrick Kanner avait déjà estimé que "plus on avance depuis trois jours, plus on s'aperçoit qu'il y a manifestement eu des choses inacceptables dans cette interpellation".

 

[EDIT 19h21]

Dans l'après-midi, François Hollande s'est lui-même rendu au chevet de la victime, estimant que Théo a réagi "avec dignité et responsabilité" : 

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