Aulnay-sous-Bois : le patron d’EELV accuse les 4 policiers de s’être "transformés en miliciens racistes"

Publié à 12h33, le 07 février 2017 , Modifié à 12h54, le 07 février 2017

Aulnay-sous-Bois : le patron d’EELV accuse les 4 policiers de s’être "transformés en miliciens racistes"
David Cormand, secrétaire national d'EELV © AFP

Dans un puissant témoignage diffusé mardi 7 février sur BFMTV, Théo a décrit son interpellation survenue jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), lors de laquelle un policier lui aurait "enfoncé volontairement" une matraque dans les fesses. Au lendemain de la mise en examen d'un policier pour viol et de trois de ses collègues pour violences volontaires en réunion, le jeune homme de 22 ans a évoqué les "coups", les parties intimes "matraquées", les crachats et les insultes ("négro", "bamboula", "salope"). La victime, toujours hospitalisée en raison de graves blessures au niveau de la zone rectale, s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

De nouveaux incidents ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi, quelques heures après une marche d'habitants réclamant "justice". Selon une information de BuzzFeed confirmée par la préfecture de Paris, des policiers ont tiré des balles réelles lors d’échauffourées avec des jeunes du quartier.

Ce n’est qu’en ce début de semaine que la classe politique a commencé à réagir. Le gouvernement s'est fait très discret, comme dans l'affaire Adama Traoré, même si, dans un communiqué dimanche, Bruno Le Roux a réaffirmé avec la plus grande fermeté "sa détermination à voir l’exemplarité et le respect guider en permanence l’action et le comportement des forces de l’ordre".

Sur Twitter mardi, le patron d’EELV David Cormand a dit sa volonté de "pouvoir avoir confiance en la police", avant d’accuser les policiers qui ont interpellé et violenté Théo de s’être "transformés en miliciens racistes" :

"Ce qui a été fait au jeune citoyen Théo relève du sadisme, de la torture comme sous les dictatures et rien ne peut le justifier", s’est indigné Christophe Girard, maire PS du 4e arrondissement de Paris :

Ces "dérives de comportement de la police" sont "inacceptables", selon Yannick Jadot (EELV) sur Europe 1 mardi.

Emmanuel Macron (En Marche !) a témoigné de sa "pleine confiance dans la justice pour que Théo et sa famille puissent obtenir les réponses qui s'imposent".

"Il y a urgence à rétablir la confiance" entre les policiers et la population, avait jugé dès lundi Benoît Hamon, candidat PS à la présidentielle, l’un des premiers à avoir réagi :

Dans un post Facebook, le maire LR d’Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza a appelé le gouvernement à réagir, après l’avoir fait une première fois samedi, et affirmé que "l’État de droit" avait été "atteint" :

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Ces troubles font suite à la vive émotion ressentie par beaucoup d'Aulnaysiennes et d'Aulnaysiens suite à la gravité des blessures du jeune Théo. L’Etat de droit, dans une de ses composantes essentielles, le monopole de la violence légitime, a été atteint. Ce n’est ni faire injure à la présomption d’innocence, ni porter atteinte à l’indépendance de la justice, que de dire que ce qui s’est passé ne rentre pas dans le cadre de l’action normale de la Police nationale.

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Quant à Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, elle a déclaré mardi sur LCI que son "principe de base" était de "soutenir les forces de police et de gendarmerie, sauf démonstration par la justice qu'ils ont commis un délit ou un crime".

Florian Philippot, numéro deux du Front national, a dénoncé les "violences de racailles" en référence aux incidents survenus dans la nuit de lundi à mardi.

[EDIT 12h55]

Lors de l'inauguration d'un "service d'accueil unique du justiciable" au tribunal de Pontoise ce mardi, François Hollande a déclaré :

 

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La justice [...] est garante des libertés et les citoyens doivent comprendre que c'est le juge qui les protège. Le juge prend la décision, y compris pour ouvrir une information judiciaire et pour qualifier les faits qui permettent au citoyen de savoir qu'il sera protégé si ses droits ont été bafoués, si son intégrité physique a été mise en cause, y compris par un agent des forces de l'ordre.

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