Aurélie Filippetti s'inquiète du "virage autoritaire" de François Hollande et Manuel Valls

Publié à 09h25, le 28 janvier 2016 , Modifié à 09h32, le 28 janvier 2016

Aurélie Filippetti s'inquiète du "virage autoritaire" de François Hollande et Manuel Valls
© Montage Le Lab via BFMTV
Image Etienne Baldit


Il y a bien longtemps qu'Aurélie Filippetti s'oppose à la politique de François Hollande. Ancienne ministre de la Culture, devenue frondeuse après son départ du gouvernement en août 2014 - en même temps qu'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon -, la députée PS de Moselle fait partie des déçus du hollandisme. Et critique vertement les choix, tout particulièrement économiques, de l'exécutif. Mais c'est sur un autre terrain qu'aujourd'hui, elle s'en prend au gouvernement : les mesures "sécuritaires" prises au lendemain des attentats du 13 novembre, état d'urgence et déchéance de nationalité en tête.

Sur BFMTV jeudi 28 janvier, Aurélie Filippetti s'oppose une fois de plus à la révision constitutionnelle, qui comprend notamment l'inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité (sans référence explicite aux binationaux, mais ce sont bien les seuls visés). "On ne doit rien céder de nos principes, de nos valeurs démocratiques", dit-elle comme en réponse à Christiane Taubira, démissionnaire du gouvernement pour qui cette mesure s'apparente à une "victoire concédée" à Daech. L'élue de l'Est se désole de voir le duo Hollande-Valls "faire de petites entailles dans les grands principes de la République". Et balance :



Ça fait beaucoup quand même, avec la politique économique qui a pris un virage très libéral, cette politique pas seulement sécuiritaire mais qui prend un virage plutôt même autoritaire. [Avec] ces cadeaux, ces concessions faites à la droite, l'électeur de gauche il est tout simplement perdu. Et encore, s'il y avait des résultats sur le terrain. [Mais] les chiffres du chômage sont affligeants, cette politique ne marche pas. 

Une énumération sans concession au milieu de laquelle se glisse cette phrase sur le "virage autoritaire" de la politique gouvernementale. Elle ne votera donc pas la réforme constitutionnelle, qu'elle juge "inutile et inefficace" et dont elle estime qu'elle "a semé dans la société française de la division et de la confusion alors qu'on avait besoin d'être unis". Elle dénonce encore :





Toute la gauche, l'écrasante majorité de la gauche, est contre cette réforme de la Constitution. Christiane Taubira incarnait, portait la voix de ce refus de cette mesure. Le fait de dire 'on ne cèdera pas, on n'arbitrera pas en direction de Christiane Taubira', c'est un moyen de dire non à une grande partie de ce que demande la gauche. C'est une manière de clarifier, mais de clarifier pas en direction de la gauche. 

D'où cette analyse : "Le départ de Christiane Taubira est le symbole de cette crise politique majeure" à gauche. Sur la "gauche au pouvoir", elle dit d'ailleurs :



On peut se demander où est la gauche aujourd'hui.

Du rab sur le Lab

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