Bac et Aïd : la droite dénonce le "communautarisme" d'une circulaire prise par... François Fillon

Publié à 17h05, le 04 juillet 2016 , Modifié à 18h04, le 04 juillet 2016

Bac et Aïd : la droite dénonce le "communautarisme" d'une circulaire prise par... François Fillon
Guillaume Peltier, Christian Estrosi, Jean-François Copé et Eric Ciotti s'en prennent à une décision prise par François Fillon, alors ministre de l'Intérieur © Montage Le Lab via AFP

Ces derniers temps, certains élus sont *un peu* sur les dents concernant le communautarisme dans l'éducation nationale. Éric Ciotti et Christian Estrosi, par exemple. La preuve ce lundi 4 juillet à la suite d'une annonce de la Maison des examens, qui gère l'organisation des épreuves du baccalauréat en Ile-de-France.

Son directeur Vincent Goudet a expliqué à l'AFP que les épreuves du rattrapage du baccalauréat prévues le 6 juillet pourraient être reportées pour les élèves qui souhaitent célébrer l'Aïd el Fitr, la fête musulmane de fin du ramadan, susceptible de tomber ce jour-là.

Il n'en fallait pas plus pour que le député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes Éric Ciotti dégaine un communiqué acide, dans lequel il attaque violemment le gouvernement :

 

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Non content d'avoir démissionné face à la multiplication des revendications religieuses, voici que le ministère de l'Éducation nationale les encourage et les fabrique [...] François Hollande a délibérément renoncé à défendre la laïcité pour flatter un communautarisme religieux auquel il est redevable.

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Le député-maire de Meaux Jean-François Copé s'est lui insurgé devant un choix "inadmissible", comme le président LR de la région PACA Christian Estrosi, qui a demandé sur Twitter au Premier ministre de réagir, tout en feignant de s'interroger sur l'implication de la ministre Najat Vallaud-Belkacem dans cette affaire :

 

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Initiative de l'administration ou volonté de Najat Vallaud-Belkacem ? [La] République ne se négocie pas ! Manuel Valls ne peut rester silencieux.

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Le porte-parole de Les Républicains Guillaume Peltier a lui estimé qu'avec Najat Vallaud-Belkacem, "le calendrier de l'islam" était "prioritaire en France".

Contacté par Le Lab, le service de presse de la ministre de l’Éducation nationale affirme que la Maison des examens a fait cette annonce à la suite de nombreuses demandes dont elle faisait l’objet.

Le service de presse explique toutefois que cette dispense s’appliquera à tous les lycéens qui le souhaitent, en vertu d’une circulaire du 18 mai 2004... prise par un certain François Fillon, alors ministre de l’Éducation nationale.

Cette circulaire prévoit que "les convictions religieuses ne sauraient être opposées à l’obligation d’assiduité ni aux modalités d’un examen." Le texte précise néanmoins la façon dont il doit être appliqué en cas de fête religieuse :

 

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Des autorisations d’absence doivent pouvoir être accordées aux élèves pour les grandes fêtes religieuses qui ne coïncident pas avec un jour de congé et dont les dates sont rappelées chaque année par une instruction publiée au Bulletin officiel.

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Ce qui est tous les ans le cas de l’Aïd el Fitr. Ces élus LR savent-ils qu’ils contestent l’application d’un texte pris par la droite ?

Il est vrai que depuis ce dimanche 3 juillet, Éric Ciotti ne fait définitivement plus partie des proches de François Fillon, puisqu'il a officialisé son soutien à Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé n'a lui pas d'excuses pour ne plus se souvenir de cette disposition : il était à l'époque collègue de François Fillon au gouvernement, en tant que ministre délégué à l'Intérieur.

[Edit 18h05]

Du coup, le numéro 2 du FN Florian Philippot y a vu une nouvelle illustration de "l'UMPS" :

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