Benoît Hamon annonce sa candidature à la primaire de "la BAP"

Publié à 20h13, le 16 août 2016 , Modifié à 20h41, le 16 août 2016

Benoît Hamon annonce sa candidature à la primaire de "la BAP"
Image Etienne Baldit


Il devait initialement se déclarer dans quelques jours, à l'occasion d'un rassemblement les 27 et 28 août à Saint-Denis. Mais alors qu'Arnaud Montebourg devrait lui aussi se lancer le 21 août lors de la "fête populaire" de Frangy-en-Bresse, Benoît Hamon voulait visiblement lui couper l'herbe sous le pied et occuper le terrain. C'est donc ce dimanche 16 août, au JT de France 2, que l'ancien ministre de l'Éducation nationale a officialisé sa candidature à la primaire de "La belle alliance populaire" en vue de la présidentielle 2017.

En 2011, le député des Yvelines avait soutenu Martine Aubry pour la primaire socialiste. Cette fois, il y va donc lui-même et pour représenter une alternative à François Hollande, au terme d'un quinquennat qui l'aura vu quitter le gouvernement pour rejoindre les rangs de la "fronde" à l'Assemblée nationale et s'opposer à la politique de l'exécutif sur de nombreux dossiers. "Je suis candidat à l'élection présidentielle et je participerai à la primaire organisée par le Parti socialiste", a-t-il donc déclaré sur France 2, indiquant qu'il serait également candidat si cette primaire n'était finalement pas organisée (mais en montrant sa confiance en Jean-Christophe Cambadélis sur ce point). Et Benoît Hamon de se positionner par opposition au système politique actuel :

Les quinquennats se succèdent, les hommes providentiels aussi, mais les problèmes des Français restent sans solutions. Les vraies questions sont méthodiquement évitées par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis plusieurs années.

Lui veut "mettre en débat des idées qui représentent une vraie alternative", estimant que "notre modèle de développement est à bout de souffle", tout comme "notre modèle démocratique qui est en crise". "Vous vous rendez compte de ce qu'on est prêts à faire pour un demi-point de croissance ?", a-t-il fustigé, visant explicitement la politique économique de François Hollande et dénonçant le fait "qu'un président de gauche puisse imposer une loi sur le travail qui va non seulement augmenter le temps de travail, mais faire baisser les salaires et la rémunération des heures supplémentaires". Lui veut au contraire "reprendre le processus de réduction du temps de travail".

Et d'enfoncer encore un peu plus l'actuel chef de l'État : 

Le président de la République a connu une situation difficile [...] mais la question qui se pose, c'est : pourquoi, alors que la situation était catastrophique, s'être mis dans les pas de Nicolas Sarkozy ? [...] Le président de la République n'est plus dans cette situation de créer une relation de confiance avec les Français.

Il s'agit donc du deuxième candidat officiellement déclaré pour cette primaire du PS et de ses alliés, après la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, tenante de l'aile gauche de Solférino. Et en attendant les suivants : Arnaud Montebourg et François Hollande. L'ex-inspecteur du travail Gérard Filoche a, lui aussi, affiché son intention d'y aller. Les trois écologistes ex-EELV Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili (toutes deux ministres) et François de Rugy ont également fait savoir qu'ils présenteraient un candidat. Quant au Parti radical de gauche (PRG), sa participation à cette primaire paraît bien compromise, malgré son alliance avec le gouvernement où se trouvent trois de ses représentants.

Selon Le Canard Enchaîné en kiosque ce mercredi, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg se seraient vus ces derniers jours, et auraient entre autres jeté les bases d'un ralliement de l'un à l'autre en cas de second tour face à François Hollande. Questionné sur cette éventuelle alliance, Benoît Hamon n'a pas rejeté l'idée, estimant que la question se poserait après le premier tour. Mais il a surtout glissé, malicieux :



Je veux juste faire remarquer qu'Arnaud n'est pas encore candidat, s'il veut me soutenir il a encore quelques jours pour le faire.

Du rab sur le Lab

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