Benoît Hamon n'a "jamais eu de contrôle" d'identité depuis son arrivée à Paris en 1991

Publié à 18h23, le 15 février 2017 , Modifié à 18h23, le 15 février 2017

Benoît Hamon n'a "jamais eu de contrôle" d'identité depuis son arrivée à Paris en 1991
© AFP
Image Julien Chabrout


Benoît Hamon défend le récépissé de contrôle d’identité depuis plusieurs années. Il s’agirait, si c’était mis en œuvre, d’un coupon remis par le policier après chaque contrôle d’identité comprenant la date, le lieu et le motif du contrôle. Le but ? Limiter les contrôles aux faciès réalisés par les forces de l’ordre. Cette proposition figurait dans les engagements de François Hollande en 2012. Elle a toutefois été très rapidement abandonnée par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

Peut-être parce que les (anciens) membres du gouvernement ne le subissent pas ? Dans une interview aux Inrocks publiée ce mercredi 15 février, l’ancien ministre de l’Education nationale Benoît Hamon raconte qu’il n’a jamais été confronté au délit de faciès. Il raconte :

 



Depuis 1991, où je suis arrivé à Paris, je n’ai jamais été contrôlé.

Sans doute parce que, comme il le dit en riant aux Inrocks devant l'auteur-compositeur Miossec, le candidat à la présidentielle du PS a une "bonne tête de Breton". Comme le rappelle Benoît Hamon, "les enquêtes du CNRS montrent que vous avez sept fois plus de chance d’être contrôlé si vous êtes noir ou arabe – pour faire simple –, que si vous êtes blanc". Il ajoute : "Donc, il y a clairement des contrôles orientés en fonction de certains préjugés". 

Selon le député socialiste des Yvelines, qui avait relancé le débat à l'Assemblée en juin 2016 en déposant un amendement, le récépissé de contrôle d’identité a plusieurs avantages : "signifier de façon incontestable" au policier que la personne a déjà été contrôlée et "un instrument d’observation statistique aux chercheurs pour voir l’évolution du contrôle au faciès".

Lundi 13 février, sur France Inter, le Défenseur des droits Jacques Toubon a remis sur la table cette proposition. Il a évoqué la dernière étude qu’il a faite donnant lieu à un rapport, en janvier 2017. Selon cette étude, sur un peu plus de 5.000 personnes interrogées, seules 16 % ont été contrôlées ces cinq dernières années. Parmi elles, "80 % des jeunes hommes perçus comme Noirs, Arabes et Maghrébins rapportent avoir été contrôlés", a précisé Jacques Toubon.

De quoi relancer le débat sur la traçabilité des contrôles policiers, en pleine affaire Théo, illustrant les tensions entre les forces de l’ordre et les jeunes des banlieues.

 

[BONUS TRACK] Hamon raconte "l'explosion de joie" au moment du retrait de Hollande

Le jeudi 1er décembre dernier, Benoît Hamon, alors candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire, est dans un amphi de Toulouse à l’occasion d’une réunion consacrée au revenu universel. La suite, c’est le candidat à la présidentielle du PS qui l’a racontée auprès des Inrocks :

 



Je reçois sur mon téléphone une alerte qui me prévient que François Hollande va s’exprimer de l’Elysée. Je propose de brancher un rétroprojecteur pour le regarder tous ensemble. (…) Au moment où il annonce qu’il ne sera pas candidat, j’entends une explosion de joie. J’ai vraiment l’impression de vivre un but dans un stade anglais. On entendait des cris, des applaudissements, comme une délivrance.

Au moment de faire son bilan, François Hollande pourra donc dire qu’il a provoqué la joie de plusieurs dizaines voire de centaines de personnes. C’est toujours ça de pris.

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