Bernard-Henri Levy apporte son soutien (faute de mieux) à Emmanuel Macron

Publié à 15h37, le 10 avril 2017 , Modifié à 16h55, le 10 avril 2017

Bernard-Henri Levy apporte son soutien (faute de mieux) à Emmanuel Macron
BHL : "Peut-on être en marche ET en chemise blanche ?" © JOEL SAGET / AFP

L’information était passée un peu inaperçue lorsque, sur Lepoint.fr le 6 avril, Bernard-Henri Levy avait apporté son soutien à Emmanuel Macron. Alors ce lundi 10 avril, le philosophe republie son billet intitulé "De quoi Macron est-il le oui ?" (Vous l’avez ?) sur le site de la revue La Règle du jeu, dont il est le fondateur.

Quand il pense au candidat d’En Marche ! à la présidentielle, celui qu’on appelle "BHL" explique voir "deux images" : celle de John F. Kennedy, élu Président des États-Unis à seulement 43 ans, et celle d’Alcibiade, "l’encore plus jeune général et homme d’Etat athénien du Ve siècle dont le désir brûlait d’un feu si intense qu’il pouvait, racontait Platon, accoucher du pire comme du meilleur".

BHL émet quelques réserves sur "ce parfum d’aventure personnelle" et "ce congé, trop 'jeuniste', donné à la vieille politique; et tant pis pour les chênes qu’on abat; et tant pis si tant de passion désirante donne parfois l’impression de verser dans la néomanie, c’est-à-dire dans la certitude trop simple qu’avancer pour avancer vaut mieux que demeurer là où l’on est". Il s’interroge :

 

Ira-t-il au bout de sa volonté affichée de franchir les Rubicon idéologiques ?

Puis dans une envolée supposément lyrique, BHL - qui avait souhaité une nouvelle candidature de François Hollande - désigne Emmanuel Macron comme Brutus :

 

S’il est, comme cela se dit, le clone de François Hollande, son fils caché, son projet secret, le Christian d’un Cyrano élyséen lui soufflant ses répliques, une mère porteuse d’un nouveau genre assurant la gestation pour autrui d’une idée ourdie par un père empêché (pour moi, hélas, il est plutôt Brutus).

BHL n’a pas non plus la certitude que ce "quadrille des ralliements" (auquel il vient de s’ajouter) est une "recomposition réelle" et non une "Arche de Noé pour éléphants de gauche, dinosaures de droite et chevaux de retour de toutes tendances venant se sauver du déluge".

Mais malgré tout cela, le philosophe préfère prendre le risque du renouveau. Il conclut :

 

Je préfère Emmanuel Macron parce que je ne connais pas, compte tenu de l’offre politique disponible, de meilleur moyen d’écarter ceux qui, dans la hargne ou l’amertume, naufragent la République ou ajournent le moment du sursaut.

Pas sûr toutefois que ce ralliement soit une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron, BHL ayant, comme Aurore Bergé, une réputation de chat noir. En 2006 puis en 2011, il avait soutenu Dominique Strauss-Kahn, et Ségolène Royal en 2007. En 2012, il s’était montré circonspect sur la candidature de François Hollande tout en disant voter pour lui, mais son soutien en 2016 au chef de l’État n’avait pas abouti à la candidature espérée.

Du rab sur le Lab

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