"Bordel" : Pour Christophe Castaner, "on peut être cultivé et parler comme les Français"

Publié à 09h20, le 05 octobre 2017 , Modifié à 10h52, le 05 octobre 2017

"Bordel" : Pour Christophe Castaner, "on peut être cultivé et parler comme les Français"
Christophe Castaner © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Image Sylvain Chazot


Une nouvelle fois, les mots d'Emmanuel Macron choquent. Une nouvelles fois, les critiquent pleuvent. Et une nouvelle fois, les proches du chef de l'État s'échinent à tenter d'éteindre l'incendie. C'est la Ritournelle du "nouveau monde".

Mercredi 5 octobre, le président de la République était en visite à Egletons, en Corrèze, sur le campus de l'Ecole d'application aux métiers des travaux publics, premier campus français dans le BTP. Au même moment, des salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S manifestaient, s'opposant violemment aux forces de l'ordre. "Y’en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent pas avoir des postes là-bas", a commenté Emmanuel Macron auprès d'Alain Rousset, président PS de la région Nouvelle Aquitaine. Une phrase et des mots évidemment polémiques que l'entourage du Président tente donc d'atténuer ce jeudi. Et c'est ainsi qu'entre en scène Christophe Castaner.

Sur Radio Classique / Paris Première, le porte-parole du gouvernement commence par expliquer qu'il s'agissait d'une conversation "privée" entre Emmanuel Macron et Alain Rousset. Pas suffisant. Le journaliste Guillaume Durand lui demande alors si le Président, "bien qu'étant grand lecteur de Stendhal", n'a pas quand même un "problème de vocabulaire", lui qui il n'y a pas si longtemps s'en prenait "aux fainéants" ? La réponse de Christophe Castaner est limpide. Il dit :

Vous savez, on peut être cultivé et parler comme les Français. Je pense qu'on peut aussi avoir comme objectif, c'est le cas du porte-parole qui est en face de vous, c'est le cas d'Emmanuel Macron, d'arrêter la langue de bois, et d'oser nommer les choses. […] Moi j'assume qu'un Président puisse nommer les choses et utiliser les mots que nous utilisons tous au quotidien.

Et le porte-parole de préciser qui sont ces fameux fouteurs de bordel. "Ce sont ceux qui empêchent par exemple ces femmes et ces hommes de GM&S d'aller dans des plans de formation que nous proposons d'individualiser pour chacun, pour pouvoir travailler peut-être dans cette entreprise qui est juste à côté, et qui essayent de négocier un grand plan social, avec une super prime qu'on appelle supra-légale. Et moi, je crois que ce n'est pas ça la réalité", assène Christophe Castaner.

On résume. Parler de ceux qui "foutent le bordel" est donc une manière pour Christophe Castaner de : 1) parler comme les Français, 2) nommer les choses et 3) critiquer ceux qui essayent de négocier un grand plan social...



 


[BONUS TRACK] Super production

Avant Christophe Castaner, c'est Bruno Roger-Petit qui a défendu Emmanuel Macron. Enfin une mission pour le porte-parole de l'Élysée. Dans la soirée de mercredi à jeudi, l'ancien chroniqueur de Challenges a donc évoqué une "citation tronquée sortie de son contexte". Et il l'a prouvé en diffusant sur Twitter une vidéo de l'échange entre le Président et Alain Rousset.





On notera les gros moyens mis à disposition du porte-parole de l'Élysée qui, pour diffuser les propos présidentiels, est contraint de filmer un écran d'ordinateur avec son téléphone. #NouvelleVague

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