Bournazel et Solère, qui veulent "répondre à la main tendue" par Macron, restent candidats LR aux législatives

Publié à 09h54, le 16 mai 2017 , Modifié à 09h54, le 16 mai 2017

Bournazel et Solère, qui veulent "répondre à la main tendue" par Macron, restent candidats LR aux législatives
Pierre-Yves Bournazel et Thierry Solère. © Montage le Lab via AFP

Lundi 15 mai, Emmanuel Macron a nommé le député-maire LR du Havre, Edouard Philippe, Premier ministre, créant embarras et dissensions au sein de la droite. Dans la foulée, une vingtaine d’élus LR et centristes (NKM, Jean-Louis Borloo, Christian Estrosi, Gérald Darmanin…) ont signé un appel initié par le député LR Thierry Solère à "répondre à la main tendue" par le chef de l’Etat. Cela a eu le don d’énerver Bernard Accoyer, le patron de LR, et François Baroin, chargé de mener la campagne des législatives pour la droite.

Il n’y aura pourtant pas d’exclusion, les deux hommes estimant que ceux qui font le choix, comme Edouard Philippe, de travailler avec Emmanuel Macron avant même les législatives quittent de facto leur famille politique. Mais tous ne l’entendent pas de cette oreille. Ainsi Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire, a-t-il expliqué ce mardi 16 mai sur Europe 1 qu’il restait bien candidat LR aux législatives (alors que pour l'instant La République en marche n'a pas investi de candidat contre lui) et qu’il votera la confiance au gouvernement Philippe si LR n'obtenait pas la majorité absolue aux législatives : 

"

Je ne serai pas membre de son gouvernement et je serai candidat LR dans ma circonscription de Boulogne-Billancourt. Je ne serai pas dans l'opposition à ce gouvernement (...) Je veux un quinquennat utile et réussi. La seule chose qui compte, c'est que le pays avance. 

"

"Regardons ce que représente la nomination d'Edouard Philippe et arrêtons l'opposition systématique. Ce n'est pas l'ouverture à laquelle on est en train d'assister, c'est la recomposition qui est en train de s'organiser", a-t-il ajouté, rejoint dans sa réflexion par Pierre-Yves Bournazel, candidat LR aux législatives dans le 18e arrondissement de Paris et qui, lui aussi, n’a pour l’instant aucun candidat du parti présidentiel investi contre lui.

Sur RMC, ce soutien d’Alain Juppé durant la primaire de la droite a également expliqué conserver l’étiquette LR (à moins qu’elle ne lui soit retirée) tout en s’inscrivant dans la majorité souhaitée par Emmanuel Macron :

"

Je suis candidat et je soutiens la majorité présidentielle. Je soutiens très clairement l’action du gouvernement. Je dis oui, car les idées et convictions qui sont les miennes, partagées par Edouard Philippe, nous choisissons de faire réussir les réformes. Quand on est humaniste-libéral-social et que les réformes qu’on a toujours voulues pour le pays vont être mises en place, il faut accompagner cette démarche. Je veux soutenir le président de la République et le Premier ministre parce que les faire réussir, c’est faire réussir la France. On ne va pas s’opposer, aux Républicains, à la réforme du travail, à une baisse des charges, à une réforme de l’école, au recrutement de 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires...

"

La droite est-elle cassée par cette nomination d’Edouard Philippe à Matignon ? Là encore, les avis divergent au sein de LR. Si Thierry Solère assure que c’était déjà le cas avec la défaite de François Fillon dès le premier tour de la présidentielle, Bernard Accoyer veut croire que "la droite tient".

Du rab sur le Lab

PlusPlus