Bruno Le Maire "affligé" par les propositions de référendum de Nicolas Sarkozy

Publié à 11h02, le 08 octobre 2016 , Modifié à 11h06, le 08 octobre 2016

Bruno Le Maire "affligé" par les propositions de référendum de Nicolas Sarkozy
© VALERY HACHE / AFP
Image Amandine Réaux


Nicolas Sarkozy l’a annoncé vendredi 7 octobre au 20 heures de France 2 : lui Président, il organisera deux référendum le jour du second des législatives, le 18 juin. L’ancien chef de l’État a expliqué qu'il interrogerait les Français pour "suspendre le droit automatique" au regroupement familial, et pour que "le ministre de la Sécurité puisse décider de la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux".

Une promesse décriée et moquée par ses concurrents à la primaire de la droite. En marge d’un meeting à Nice vendredi, Bruno Le Maire a confié sans ambages au Figaro :

C'est affligeant !

Le député de l’Eure reproche à Nicolas Sarkozy de "céder à la facilité sur des sujets aussi sensibles. C'est encore une diversion", selon lui. L’ancien ministre de l’Agriculture a développé :

La vraie difficulté, c'est déjà de faire appliquer la loi et de se donner les moyens de faire expulser ceux qui ne respectent pas les règles du regroupement familial.

"On sort de l'État de droit sans aucune efficacité supplémentaire", a commenté Bruno Le Maire, réagissant à la seconde proposition formulée vendredi sur la mise en rétention des "fichés S les plus dangereux", avec un contrôle du juge a posteriori.

Bruno Le Maire, qui ne ralliera aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour de la primaire, souhaite lui-même organiser un référendum s’il est élu Président, mais "dans le courant du quinquennat". La consultation porterait sur l’Europe, et plus précisément "les modifications des traités nécessaires à de nouvelles orientations européennes".





Dans le camp Juppé non plus, les promesses de référendum de Nicolas Sarkozy n’emballent pas. Invité de France Info ce samedi 8 octobre, son porte-parole Édouard Philippe s’est montré dubitatif sur la possibilité d’organiser deux, voire trois consultations si tôt après l’élection :

Il faut se poser la question de savoir comment tout ça est organisé, si ça respecte les règles qui régissent l'organisation même du référendum. Les experts, les juristes le diront. Ce que j’observe, c’est que c’est le troisième référendum que Nicolas Sarkozy propose pour le 18 juin. Hier il a formulé deux propositions [...] et puis il avait, quelques temps auparavant, proposé de revenir par référendum sur la loi interdisant le cumul des mandats.

"On ne sait pas par exemple si l’internement des 'fichés S' relève de l’article 11", a poursuivi le député-maire du Havre. Surtout, le porte-parole du maire de Bordeaux a rappelé avec force amusement qu’en 2007, Nicolas Sarkozy était farouchement opposé à l’organisation d’un référendum aussitôt après l’élection :

J’observe que Nicolas Sarkozy, en 2007, lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle, avait pris très fortement position contre l’idée d’organiser des référendum juste après son élection. Il avait d’ailleurs eu des mots très forts.

Lors de sa première candidature à l’Élysée, Nicolas Sarkozy avait ainsi déclaré à l'Express : "Croyez-vous que, si je suis élu, je vais aussitôt dire aux Français : 'Excusez-moi, j'ai besoin de vous demander votre avis sur un autre sujet?'". Visiblement, il a changé d’avis. Comme sur le référendum sur l'Europe, la ligne politique de LR, le droit du sol, le mariage pour tous ou encore le Grexit.

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