Ça y est, François Fillon est mis en examen

Publié à 15h23, le 14 mars 2017 , Modifié à 17h10, le 14 mars 2017

Ça y est, François Fillon est mis en examen
© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Image Amandine Réaux


On imagine désormais très aisément le général de Gaulle mis en examen. Ce mardi 14 mars, l'avocat de François Fillon a confirmé à l'AFP une information du Canard Enchaîné : le candidat LR à la présidentielle a été mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs présumés, pour "détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux, et manquement aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique", comme le précise Mediapart.

Initialement prévue ce mercredi, l'audition a été avancée à ce mardi matin "pour qu'elle se déroule dans des conditions de sérénité", a expliqué Me Antonin Lévy à l'AFP.

Pas question toutefois pour l'ancien Premier ministre de se retirer de la course à la présidentielle. Après avoir fait campagne sur le thème de l'exemplarité et assuré que la "seule chose qui l'empêcherait d'être candidat" serait une mise en examen, le vainqueur de la primaire avait finalement rétropédalé. "Je m'en remets désormais au suffrage universel", avait-il fait valoir à l'approche d'une mise en examen.

Penelope Fillon est pour sa part convoquée le 28 mars devant les juges d'instruction. L'épouse du candidat est sous la menace d'une mise en examen pour recel de détournement de fonds publics et recel d'abus de biens sociaux dans le volet de sa collaboration controversée à la Revue des deux mondes.

[EDIT] 17h03

Selon le journal Le Figaro, François Fillon n'a pas répondu aux juges, il a lu une déclaration. Dans ce texte, il explique être "de (son) devoir de répondre à la convocation" des juges. Il estime que des preuves ont été apportées du travail effectif de son épouse. Au terme de son texte, il plaide :    

Je ne demande ni dérogation, ni faveur, mais simplement le respect du Droit. Je m'inquiète d'ailleurs que vous n'ayez pas pris connaissance de deux notes sur les faits et sur le droit applicable que mon avocat avait déposées auprès du Procureur national financier et que celui-ci ne vous a pas transmises. Est-il conforme aux principes que de mener un interrogatoire dans de telles conditions? J'ai le droit de me défendre sur toutes les preuves en possession de la justice, sur le fondement d'une analyse exhaustive des éléments saisis et sur un travail d'enquête complet. On ne lutte jamais à armes égales avec le soupçon.Vous avez décidé de me convoquer de façon précipitée pour des faits remontant pour certains à près de vingt ans. Vous savez que je consacre mes journées à faire campagne pour l'élection présidentielle qui aura lieu dans quarante jours. Je respecte les institutions judiciaires et la charge que la loi vous confie. J'attends d'être traité comme tous les citoyens de notre pays, sans précipitation et avec le seul souci que la justice soit rendue en toute impartialité. Le code de procédure m'offrait le choix de répondre à vos questions, de me taire ou de faire une déclaration. C'est le calendrier de cette procédure, en plein cœur de la campagne présidentielle, qui m'impose le choix de cette déclaration.

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