Jérôme Cahuzac admet avoir un compte à l'étranger et demande pardon

Publié à 15h18, le 02 avril 2013 , Modifié à 18h37, le 02 avril 2013

Jérôme Cahuzac admet avoir un compte à l'étranger et demande pardon
(Maxppp)
Image Ivan Valerio

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Jérôme Cahuzac a pris rendez-vous avec ses juges afin de passer aux aveux et a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, après avoir reconnu qu'il détenait un compte à l'étranger. Une information avancée dans l'après-midi par le Canard Enchaîné.

Demain dans Le CanardCahuzac passe aux aveuxIl a pris rendez-vous avec les juges pour parler de ses comptes en Suisse et à Singapour

— @canardenchaine (@canardenchaine) 2 avril 2013


>>> Mise à jour, 16h52 :

Jérôme Cahuzac confirme sur son blog avoir encore un compte à l'étranger et avoir été "pris dans une spirale du mensonge", "dévasté par le remords".

Par lettre du 26 mars 2013, j’ai demandé à Messieurs les juges d’instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s’imposent au regard de la détention à l’étranger d’un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d’années. J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé l’existence de ce compte et je les ai informés de ce que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris. A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus. J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords. Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence.




>> Mise à jour 18h30 : 

Pour s'adapter à l'afflux de trafic, ou pour ne garder que le dernier communiqué, le blog de Jérôme Cahuzac affiche désormais une version light.

En fin d'après-midi le site de l'ancien ministre a rendu inaccessible l'ensemble de son contenu pour ne proposer que sa dernière lettre.  



La une du Canard enchaîné :



Sur i>Télé, Louis-Marie Horeau, rédacteur en chef de l'hebdomadaire explique, ce mardi,  que c'est face à l'avancée des enquêtes en France comme en Suisse que l'ancien ministre délégué au Budget a fait le choix de reconnaître qu'il possédait ces comptes : 

Il a pris rendez-vous avec le juge, par l'intermédiaire de son avocat. c'est une décision qu'il a prise après des mois de dénégation, en réalité il semble que les enquêtes menées en France et surtout en Suisse aient abouti à des résultats qui n'étaient pas exactement ce qu'il espérait. Ce qui l'a conduit [à] prendre l'initiative de cette audition devant les juges, au cours de laquelle il a l'intention de passer aux aveux. 

Pourquoi un tel revirement après des mois à soutenir le contraire ? Le rédacteur en chef du Canard enchaîné livre son explication : 

Ce revirement s'explique parce que monsieur Cahuzac a été rattrapé par le résultat des enquetes menées en Suisse et en France. Il a bien vu que sa position n'était plus tenable. Ses dénégations et ses serments solennels vont un peu compliquer la tâche. 

Avant de conclure que "l'affaire est subsidiairement judiciaire et principalement politique." 

De fait, Jérôme Cahuzac a toujours soutenu ne pas avoir de compte à l'étranger. Y compris devant l'Assemblée nationale le 5 décembre, suite à la question d'un député : 

Je n'ai pas, je n'ai jamais eu, de compte à l'étranger, ni maintenant ni avant. C'est donc devant la justice que je m'expliquerai devant les contradicteurs.


Sur Europe 1, il précisait :

J'ai démenti, je continue à démentir, à nier, j'ai nié en bloc, je comprends qu'il faut nier en détails, je nie en bloc et en détails. (...) Ca ne peut pas être moi (sur l'enregistrement, ndlr), puisque je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Je nie en bloc et en détails. 

A voir en images : 



Ce mardi 2 avril, Jérôme Cahuzac est au tribunal de grande instance de Paris, au pôle financier, afin de rencontrer les magistrats. Un rendez-vous qui a duré une heure et demi, selon les informations de BFM TV. 



Selon une journaliste de la chaîne, l'ancien ministre devrait aujourd'hui s'exprimer sur son blog et s'exprimer en fin de journée : 

#cahuzac va s'exprimer sur son blog aujourd'hui

— cohen (@sarahloucohen) 2 avril 2013


A 16h15, son blog, sur lequel il s'est déjà exprimé au cours de l'affaire est indisponible. 

Il s'apprêterait à reconnaître devant les juges qu'il est toujours titulaire dans une banque à Singapour d'un compte affichant un solde de plus de 500.000 euros ouvert dans une succursale de l'établissement suisse Reyl et Cie, après avoir fermé un premier compte à la banque UBS en Suisse à la fin des années 2000, affirme de son côté le Canard Enchaîné.

 

Jérôme Cahuzac a démissionné de ses fonctions le 19 mars en raison de cette affaire et deux magistrats du pôle financier du Tribunal de grande instance de Paris, Roger Le Loire, doyen du pôle financier, et Renaud Van Ruymbeke ont été désignés le 20 mars pour enquêter sur cette affaire après l'ouverture la veille d'une information judiciaire visant l'ancien ministre.

EDIT : mise en examen, 17h13.

Du rab sur le Lab

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