Cambadélis "n'a pas compris" la phrase de Macron sur le "terreau" du djihadisme et lui demande une "explication"

Publié à 10h56, le 23 novembre 2015 , Modifié à 10h59, le 23 novembre 2015

Cambadélis "n'a pas compris" la phrase de Macron sur le "terreau" du djihadisme et lui demande une "explication"
© Montage Le Lab via AFP

WHAT HE SAYS ? - "C'est une sorte d'explication de texte que nous allons faire ensemble, comme si vous étiez dans une classe préparatoire." Guillaume Durand n'est pas qu'intervieweur politique, il est aussi un homme de lettres. Et c'est avec cette double casquette qu'il a interrogé Jean-Christophe Cambadélis, sur Radio Classique et LCI, lundi 23 novembre.

Le sujet de l'interro du jour : un propos quelque peu obscur d'Emmanuel Macron. Dimanche, soit un peu plus d'une semaine après les attentats de Paris et Saint-Denis, le ministre de l'Économie a estimé que la France devait assumer une "part de responsabilité" dans le "terreau" sur lequel le djihadisme a pu prospérer.

Et, invité à commenter cette phrase, le patron du PS sèche un peu :

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- Guillaume Durand : Emmanuel Macron [a dit] : 'La France a une reponsabilité dans le terreau sur lequel se nourrit la violence. Ce terreau, c'est celui de la défiance'. À quoi joue-t-il ?



- Jean-Christophe Cambadélis : Je ne sais pas, d'abord je ne comprends pas cette phrase. Elle s'adresse à qui ? La défiance de qui ? La défiance pour qui ? J'ai pas compris. D'habitude je comprends, j'arrive à lire le Macron, mais là je... j'avoue que je ne comprends pas. Faudra qu'il fasse une explication.

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Quant aux raisons qui ont pu pousser le "ministre d'ouverture", comme il le qualifie, à faire cette déclaration, "Camba" ne veut pas croire qu'il s'agisse d'une "stratégie" politicienne, qui le pousserait à forcer son "destin" personnel. Mais tout de même, il estime que le patron de Bercy a voulu se payer un petit coup d'éclat médiatique :

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Il est évident qu'aujourd'hui, face au drame, les caméras, les médias sont plus sur Valls, Cazeneuve, Le Drian voire Fabius, Taubira, que sur Macron. Et qu'il a peut-être ressenti le besoin de montrer que lui aussi était dans l'union nationale...

 

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# Ce qu'a dit Macron

"Le terreau sur lequel les terroristes ont réussi à nourrir la violence, à détourner quelques individus, c'est celui de la défiance", a déclaré le ministre lors d'une intervention en conclusion de l'université du groupe social-démocrate "Les Gracques". Et de développer :

 

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Nous sommes une société dont au coeur du pacte, il y a l'égalité, nous sommes une société où en moyenne l'égalité prévaut beaucoup plus que dans d'autres économies et d'autres sociétés, en particulier anglo-saxonnes. [Mais] nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité [sociale] : nous sommes une société où nous avons construit la capacité à fermer la porte.

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"Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s'installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et si demain nous n'y prenons pas garde, il les divisera plus encore", a-t-il aussi prévenu.

Il a également évoqué le fait que "quelqu'un, sous prétexte qu'il a une barbe ou un nom à consonance qu'on pourrait croire musulmane, a quatre fois moins de chances d'avoir un entretien d'embauche qu'un autre". "Je ne suis pas en train de dire que tous ces éléments sont la cause première du djihadisme. C'est la folie des hommes, et l'esprit totalitaire et manipulateur de quelques-uns. Mais il y a un terreau, ce terreau est notre responsabilité."



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